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Politique - Article paru le 19 mars 2008 dans l'Humanité

spécial élections

Résultats des cantonales

Huit conseils généraux basculent de droite à gauche

Les élections cantonales se soldent par une large victoire de la gauche, qui dirigera pour la première fois de son histoire une grande majorité de départements. Aux 48 conseils généraux métropolitains qu’elle contrôlait à l’issue du scrutin de 2004 (51 en comptant l’outre-mer), s’ajoutent huit départements qui ont basculé dimanche dernier : l’Ain (23 élus de gauche sur 43), l’Allier (18 sur 35), la Corrèze (19 sur 35), l’Indre-et-loire (22 sur 37), le Lot-et-Garonne (25 sur 40), les Deux-Sèvres (17 sur 33), la Somme (26 sur 46) et le Val-d’Oise (20 sur 39).

Six départements en balance

Mais d’autres départements, à la majorité encore incertaine, pourraient changer de couleur : il s’agit de la Côte-d’Or où deux élus sans étiquette pourraient donner la majorité à la gauche qui dispose de 20 élus sur 43, et des Pyrénées-Atlantiques que le Modem préside avec l’appui de la droite. La gauche y est théoriquement majoritaire avec 28 élus sur 52, mais deux défections au sein du PS rendent difficiles la constitution d’une majorité. Enfin, dans l’Aveyron, le Jura et la Loire (dont le président UMP Pascal Clément a été battu), la gauche progresse sensiblement, et la majorité se jouera en fonction des ralliements d’élus sans étiquette ou centristes. Idem dans les Hautes-Alpes, gagnées par la gauche, en 2004.

La droite recule dans ses « bastions »

La droite demeure majoritaire dans au moins 37 départements (39 en comptant l’outre-mer). Mais ses majorités sont fragilisées dans la plupart d’entre eux. Dans l’Aveyron, qui pourrait basculer (lire plus haut), elle perd six sièges au profit de la gauche ; dans la Vienne, sa majorité ne tient plus qu’à un siège. Elle perd également trois sièges dans le Loiret et dans la Manche. Elle enregistre aussi des pertes sensibles dans le Calvados, la Marne, le Morbihan, l’Orne ou encore le Rhône.

Le PS grand gagnant du scrutin

Les élections cantonales se soldent par une moisson d’élus impressionnante pour la gauche, qui conforte ou améliore les positions de ses principales formations politiques. Première force du pays dans ces élections, le PS rafle le plus gros de la mise avec 655 élus (+ 161 par rapport à 2001) et 26,7 % (+ 4,6) des voix au premier tour. Souvent soutenus dès le premier tour par le PS, les radicaux de gauche obtiennent 1,4 % des voix (+ 0,1) et 48 sièges dans les nouvelles assemblées (+ 8), mais ils pourraient perdre la présidence des Hautes-Pyrénées au profit du PS. Les Verts recueillent 4,2 % des voix au premier tour (- 1,7), mais ne comptent que 12 élus (sans changement). Enfin, les divers gauche représentent dans leur ensemble 200 élus.

Le PCF, troisième force du pays

Le PCF s’installe en tant que troisième force du pays après le PS et l’UMP dans ces élections de portée nationale, avec 118 élus et un peu plus de 9 % des voix. Le PCF compte 10 élus de moins qu’il y a sept ans et recule d’un point au premier tour, mais cette comparaison est relativisée par un nombre de candidats largement inférieur à celui présenté il y a sept ans (environ 300). Ramené au nombre de cantons où il était présent cette année, le score du PCF progresse sensiblement en voix et en sièges. Son nombre d’élus augmente dans le Jura, dans le Loiret, en Meurthe-et-Moselle, dans le Nord, dans la Somme, en Haute-Vienne, dans le Val-de-Marne et dans le Val-d’Oise. Il gagne la présidence de l’Allier et conserve celle du Val-de-Marne, mais perd celle de Seine-Saint-Denis au profit du PS.

La droite perd cent sièges

À droite, avec 25,6 % au premier tour, l’ensemble UMP-Nouveau centre progresse peu en voix comparé au total RPR-UDF-DL en 2001 (+ 1) et ne profite pas de l’effondrement de l’extrême droite FN-MNR à 5 % (- 4,9) qui n’obtient aucun siège. En nombre d’élus, la droite présidentielle recule fortement avec 554 sièges (- 105). Enfin, le Modem est loin d’effectuer la percée escomptée, avec 2,2 % au premier tour et 48 élus, dont beaucoup avec le soutien de la droite au premier ou au second tour. Il perd le Rhône où le président Michel Mercier s’est rallié à l’UMP. Quant aux divers droite, ils occupent 354 sièges.

Sébastien Crépel

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Tag(s) : #Résultats élections
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