Prodi fait son adieu à la politique
« L’avenir est toujours beau. J’en ai fini avec la politique italienne, et vraisemblablement j’en finis aussi avec la politique. » C’est par ces mots que Romano Prodi a annoncé dimanche, lors d’un journal télévisé, son retrait de la vie politique italienne. Un retrait qui fait suite à la mise en minorité de son gouvernement fin janvier. La coalition s’était fissurée suite à la mise en examen de son ministre de la Justice, Clemente Mastella (Udeur). Lors du vote de confiance au Sénat, les voix centristes avaient fait défaut au gouvernement de centre- gauche. C’est une page de l’histoire de la gauche italienne qui se ferme. Depuis la moitié des années quatre-vingt-dix, Romano Prodi a, en effet, été le principal artisan du centre -gauche. D’abord en emmenant l’Ulivo à la victoire en 1996, puis en conduisant les listes de l’Unione en 2006. Chef de file de la gauche, mais sans avoir derrière lui le principal parti de gauche, il a toujours dû se placer à la tête d’une coalition, et s’est retrouvé à la merci du bon vouloir de ses alliés. C’est ainsi qu’en 1998 il avait été débarqué de son poste de président du Conseil par Massimo D’Alema, leader des démocrates de gauche, qui a fini par le remplacer. De cette expérience, il en a tiré l’importance de créer une nouvelle formation, le Parti démocrate, dont il serait la figure de proue. D’un point de vue économique, Romano Prodi porte un bilan tout empreint d’orthodoxie bruxelloise. S’il a assaini les comptes de l’État et lutté contre l’évasion fiscale au cours de ses deux mandats, il a, à deux reprises, échoué à trouver une majorité pour redistribuer les cagnottes fiscales ainsi dégagées. Élu chef du Parti démocrate par des primaires au mois d’octobre, tout indique que l’ancien maire de Rome Walter Veltroni va occuper la fonction de Romano Prodi dans les années à venir.
Gaël De Santis
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