Le processus de paix sous les ruines de Gaza
L’armée israélienne a mis fin lundi matin à son opération "Hiver Chaud" dans la bande de Gaza qui a fait plus de 110 morts en cinq jours, et porté un coup au fragile processus de paix.
En Cisjordanie, où s’étaient déroulées de nombreuses manifestations de protestations, un adolescent palestinien a été tué lundi par des tirs d’un colon israélien près d’une colonie dans la région de Ramallah.
Ce nouveau décès porte à 6.281 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, pour la plupart des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.
Les blindés israéliens avaient totalement évacué lundi le camp de réfugiés de Jabaliya où une trentaine de maisons ont été détruites.
Les chars se sont redéployés au voisinage immédiat de la frontière avec Israël ou du côté israélien.
L’armée israélienne avait engagé depuis mercredi une offensive meurtrière qui s’est soldée par la mort de plus de 100 Palestiniens, dont des femmes et des enfants. Deux soldats ont été tués et un Israélien sous les tirs de roquettes.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que l’armée continuerait ses attaques contre le mouvement islamiste Hamas qui a pris le contrôle du territoire en juin.
"Nous sommes toujours au coeur de la bataille et il ne s’agit pas d’une frappe ponctuelle", a déclaré M. Olmert devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement.
Le Hamas de son côté a salué le retrait des troupes israéliennes du nord du territoire comme une victoire de ses combattants.
"Ce retrait est l’expression de l’échec des soldats israéliens face aux combattants d’Ezzedine Al-Qassam (la branche armée du Hamas)", a déclaré le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri.
Condamnée par la communauté internationale car jugée disproportionnée, l’opération israélienne baptisée "Hiver Chaud" avait pour but de stopper voire de réduire au maximum les tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël, qui se sont étendues à la ville d’Ashkelon. Ces tirs se sont poursuivis lundi, quoique de façon beaucoup moins intensive.
Outre le massacre de plusieurs dizaines de civils, cette opération a entraîné une suspension par l’Autorité palestinienne de toutes négociations de paix avec Israël, à quelques jours d’une nouvelle tournée dans la région de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice destinée à relancer le processus initié à Annapolis en novembre.
Saëb Erekat, l’un des principaux négociateurs palestiniens, avait affirmé que les négociations de paix avec Israël étaient, pour l’heure, "enterrées sous les maisons détruites de Gaza".
"Le processus de paix a été ruiné par les agressions israéliennes", avait ajouté ce négociateur.
Auparavant, le chef de la délégation palestinienne Ahmed Qoreï avait aussi indiqué que les négociations étaient suspendues.
Répondant aux appels du président palestinien Mahmoud Abbas, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné dimanche les violences à Gaza et dans le sud d’Israël, lors d’une réunion d’urgence.
"Il est impensable que la réaction israélienne à des tirs de roquettes palestiniens, que nous condamnons, soit aussi terrible et effroyable", a fustigé le président Mahmoud Abbas.
Le Hamas a annoncé la mort de 37 de ses combattants dans l’offensive, et celle d’une dizaine d’autres activistes.
En Cisjordanie, où s’étaient déroulées de nombreuses manifestations de protestations, un adolescent palestinien a été tué lundi par des tirs d’un colon israélien près d’une colonie juive dans la région de Ramallah, dans le nord de la Cisjordanie.
Ce nouveau décès porte à 6.281 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, pour la plupart des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.
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