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Politique - Article paru le 18 février 2008 dans l'Humanité

Un conseiller général communiste blessé

Vice-président PCF du conseil général des Bouches-du-Rhône, Joël Dutto a été violemment jeté à terre par des CRS vendredi soir. Entretien.

Dans quel état êtes-vous depuis votre agression ?

Joël Dutto. J’ai été hospitalisé aux urgences vendredi soir. J’ai le visage très tuméfié, des bleus, mais heureusement pas de traumatisme crânien. Je dois attendre que mon visage dégonfle avant de reprendre mes activités.

Que s’est-il passé vendredi soir ?

Joël Dutto. Nous soutenons les salariés de Carrefour depuis le premier jour de conflit et venons les voir régulièrement. Vendredi, j’étais en campagne pour les cantonales avec un groupe de militants dans une cité voisine, quand on nous a prévenus qu’une caissière enceinte avait été malmenée lors d’une charge de police. Nous nous sommes rendus sur place.

L’ambiance était tendue ?

Joël Dutto. Après une nouvelle séance de négociations avec la direction, les délégués sont sortis en expliquant que rien n’avait avancé. Les salariés étaient en colère, à ce moment, un camion de livraison est arrivé. Il y a eu un mouvement de foule. J’ai mis mon écharpe d’élu pour aller faire tampon et nous sommes tombés sur une rangée de CRS.

Et ensuite ?

Joël Dutto. Les CRS ont cherché à dégager les grévistes, j’étais coincé entre eux et les policiers. Plusieurs CRS m’ont bloqué les bras et l’un d’eux m’a fait tomber. Ma tête a heurté le sol et je me suis mis à saigner. Je criais que j’étais un élu, mais cela n’a rien changé. J’ai été soigné à l’infirmerie puis amené à l’hôpital.

Quelle suite allez-vous donner à cette affaire ?

Joël Dutto. Nous allons voir quoi faire avec des juristes, y compris déposer plainte pour violence policière. Mais je ne laisserai pas passer cette histoire. Cela faisait plusieurs jours que nous avions donné l’alerte à la préfecture sur le pourrissement du conflit. La seule réponse a été un déploiement disproportionné des forces de l’ordre. Pour un euro sur des Tickets-Restaurant, Carrefour met des familles entières dans la difficulté et prend le risque de graves tensions dans ce quartier.

Propos recueillis par M. G.

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Tag(s) : #Politique
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