Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Politique - Article paru le 14 février 2008 dans l'humanité
 

Plan « Alzheimer » : le compte n’y est pas

Santé . Si le plan du gouvernement prend en compte les demandes des familles et des personnels, les financements demeurent insuffisants.

Si les associations de malades et de personnes âgées, les établissements d’accueil ou encore les professionnels de santé saluent la « philosophie » du plan de lutte contre la maladie d’Alzheimer, elles jugent aussi son financement « insuffisant ». Présenté le 1er février par le président de la République, ce plan quinquennal destiné à accélérer la recherche et à améliorer la prise en charge des malades prévoit l’engagement de 1,6 milliard d’euros entre 2008 et 2012.

« Je ne suis pas certain que les moyens soient au rendez-vous », juge Guy Le Rochais, vice-président délégué de l’Association France Alzheimer. Et de prendre un exemple : selon lui, il est « faux » d’affirmer qu’il existe 5 200 places d’accueil de jour en France. « Le véritable nombre de places d’accueil thérapeutique de jour autonome, avec une équipe constituée et un projet d’établissement entièrement dédié au malade, ne dépasse pas 700. »

Pour le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), Pascal Champvert, il faudrait « doubler le nombre des professionnels aidant les personnes malades à domicile ou en établissement pour atteindre des niveaux comparables à ce qu’il se passe chez nos voisins européens », ce qui « suppose de trouver 5 à 6 milliards ». Doubler le nombre de professionnels, cela signifie donc développer la formation. Et là, ça coince aussi. « Il y a actuellement une absence de professionnalisation des infirmières, aides-soignants, médecins généralistes, etc. quant à la maladie d’Alzheimer », précise Jean-Marie Vétel, président du Syndicat national de gérontologie clinique.

« On nous promet 1,6 milliard d’euros : on sait d’où ils viennent, on est d’accord ou pas, mais de toute façon, ça ne suffit pas pour nous donner les moyens d’agir », résume Pascal Champvert, qui pointe l’insuffisance des garanties de financement du plan alors même que les précédents n’ont pas été réalisés. « Il y a superposition des plans, mais pas des sommes promises. »

Aujourd’hui, ce sont essentiellement les malades et leur famille qui paient. Il y a donc une attente forte concernant la création d’une nouvelle branche de protection sociale dite « du 5e risque ». Il s’agirait de « financer la maladie par la collectivité publique et non par les usagers comme c’est le cas aujourd’hui. Ce serait une prise en charge plus équitable », détaille Janine Dujay-Blaret. Aujourd’hui les familles supportent 62 % des coûts de la prise en charge, contre 22 % par l’assurance-maladie et 17 % par la collectivité (conseils généraux). Encore faut-il une volonté politique. Nicolas Sarkozy l’a abordée la semaine dernière. Pur effet d’annonce, car il n’a été question à aucun moment du financement. Pourtant, c’est un point crucial vu les besoins à venir.

Alexandra Chaignon

Publicité
Tag(s) : #Santé
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :