Des coûts exorbitants, sources d’appauvrissement
Ils sont 87 % des ménages à estimer difficile de trouver un logement (1). Comment en serait-il autrement, quand les loyers progressent plus rapidement que les revenus, que les coûts de l’énergie partent en flèche, et que le logement social est devenu une « porte de plus en plus difficile à ouvrir », même pour les ménages les plus modestes (2). Quant au parcours résidentiel, il fait aujourd’hui figure de mythe, tant il est difficile pour un ménage installé en logement social de franchir la marche le conduisant à un logement privé. Ainsi, en région parisienne, l’écart entre le loyer d’une HLM et d’un appartement privé est aujourd’hui en moyenne de 143 % (soit près de trois fois plus), et pratiquement le double sur la France entière (89 %). Le parc locatif privé, qui logeait jusqu’à peu une part non négligeable de ménages modestes, « apparaît de moins en moins à même de jouer un rôle social par le niveau des loyers qu’il pratique ».
Aujourd’hui, le coût du logement est devenu une source d’appauvrissement, constate amèrement la fondation Abbé-Pierre (FAP). « La part que les ménages y consacrent n’a jamais été aussi élevée », explique Christophe Robert, directeur des études à la FAP. En 2006, selon une enquête de l’INSEE, celle-ci était en moyenne de 24,6 % de leurs revenus. Mais ce chiffre cache des réalité disparates en fonction des catégories socioprofessionnelles. Ainsi, selon l’INSEE, elles représentent 19,4 % des dépenses contraintes de logement des cadres, mais 24,5 % des ouvriers et 24,6 % de celles des retraités.
Dans le parc privé, les taux d’effort explosent. Un smicard isolé consacre ainsi 49,7 % de ses revenus à se loger, contre 27,6 % pour une personne disposant des mêmes revenus mais logée dans le parc public. Pour un couple avec deux enfants, cette part monte à 54,3 % dans le privé, contre 28,6 % dans le public.
« À moins d’accéder à un logement social, l’amputation du pouvoir d’achat se renouvelle à chaque changement de logement locatif. Ce qui conduit certains locataires à se maintenir dans des logements vétustes ou à faire perdurer des situations de surpeuplement, tout en supportant des niveaux de charges et de loyers sans rapport avec la qualité du service rendu », déplorent les auteurs du rapport.
(1) Sondage réalisé par Nexity
en janvier 2007.
(2) Étude du CREDOC,
30 septembre 2007.
C. P.
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