Les lycéens algériens lancent un ultimatum
En dépit des menaces du ministère de l’Éducation algérien de sanctionner tout élève n’ayant pas rejoint son établissement, les lycéens de terminales ont repris leur mouvement de protestation. Mercredi à Alger, dans le centre-ville, la police a dispersé une tentative de rassemblement de centaines de jeunes. Des bus universitaires, portant le slogan « SOS police », réquisitionnés par les forces de l’ordre, ramassaient de force les petits groupes de lycéens se rendant dans le centre de la capitale avant de les reconduire à leurs établissements. Une fois sur place, les lyvéens ont organisé des sit-in, tandis que d’autres ont préféré se réunir à l’intérieur de leurs établissements.
À Oran la colère des lycéens a tourné à la démonstration de force : plusieurs milliers d’entre eux ont envahi les artères principales de la capitale de l’Ouest algérien, tentant de rallier le siège de la direction régionale de l’Éducation. Comme à Alger, pour déjouer les tentatives de blocage, c’est à coups de SMS, de brefs coups de fil, qu’ils sont parvenus par petits groupes à former un vaste rassemblement sur la principale place de la ville, avant d’être dispersés par la police. Des islamistes, scandant des slogans en faveur de l’ex-FIS (Front islamique du salut, dissous par la loi en 1992), qui avaient tenté de noyauter le mouvement de protestation ont vite été isolés par le service d’ordre lycéen. Les lycées de l’est du pays, de Kabylie et du centre n’ont pas été en reste. Partout, la même revendication : l’abandon des réformes engagées par le ministère de l’Éducation, notamment un allégement des programmes en vue des examens du baccalauréat 2008.
Mieux, ces lycéens s’organisent. Sur le Net, ils ont mis en place un forum de discussion. « Je ferai en sorte que l’accès ne soit réservé qu’aux lycéens », a prévenu l’un de ses concepteurs cité par le quotidien Liberté. À Alger, une réunion rassemblant plusieurs délégués désignés par leurs lycées respectifs, ont élaboré une plateforme revendicative, exigé des discussions avec le ministère afin de résoudre la crise. Tout en appelant à une reprise des cours, ils ont toutefois fixé un ultimatum aux pouvoirs publics. « Nous allons attendre jusqu’au 2 février. Si aucune mesure favorable n’est proposée, la grève reprendra ».
Une chose est sûre, en dépit des tentatives de pousser les lycéens à la faute, ce mouvement protestataire qui a pris de court les autorités politiques est l’expression d’une inquiétude réelle quant à l’avenir des lycéens. Il faut savoir que la proportion de diplômés universitaires au chômage s’accroît d’année en année. Même des diplômés en médecine et en pharmacie ont du mal à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications.
Hassane Zerrouky
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