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Société - Article paru le 19 janvier 2008

l’Humanité des débats. Gauche et quartiers populaires

La gauche a-t-elle échoué dans les quartiers populaires ?

Rappel des faits

Le bilan des banlieues, c’est d’abord celui de décennies de libéralisme. Mais c’est aussi celui de la gauche, qui tarde à placer la question des quartiers populaires au centre de ses préoccupations.

Déception, amertume, puis décrochage. On les appelait les « beurs », les « jeunes de la deuxième génération ». Ils ont cru fortement, fermement en l’arrivée de la gauche, dans les années 1980, pour qu’enfin la France les reconnaisse comme ses enfants naturels. Ils étaient, de fait, les héritiers politiques du PS et surtout du PCF, le « parti de la classe ouvrière ». Aujourd’hui, Salah Amokrane, membre des Motivé(e) s de Toulouse, Djilali Mekki, vice-président d’ACLEFEU, tous deux Français issus de l’immigration maghrébine, rappellent le désamour qui s’est lentement et sûrement instauré entre les Français de la « deuxième génération » et la gauche, un camp dont ils continuent de se revendiquer.

Leurs cadets de quelques années, Sabrina Jorda, militante communiste, travailleuse sociale dans les quartiers nord de Marseille, et Ali Soumaré, premier secrétaire du PS à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), porte-parole des deux familles endeuillées, restent attachés à leur appartenance politique tout en rejoignant les critiques à l’égard de leur formation politique émises par les deux autres, lors de notre table ronde.

Les quatre débatteurs reprochent à la gauche d’avoir déserté les quartiers populaires et d’avoir abandonné des populations particulièrement affectées par la crise sociale, frappées par le libéralisme. Pourquoi la gauche les a-t-elle boudées, elle qui fait pourtant de la question sociale sa priorité ? Pourquoi ses espaces politiques se sont-ils rétrécis dans les cités ? Peut-on parler de divorce alors que, à la présidentielle de 2007, ces populations, notamment les plus jeunes, se sont prononcées majoritairement en faveur de Ségolène Royal ? Pourquoi la gauche n’a-t-elle pas estimé nécessaire de renverser sa hiérarchie des questions et de placer celle des quartiers populaires au centre de ses préoccupations après les révoltes de 2005 ? Autant de questions abordées sans tabou par les quatre militants associatifs ou politiques.

M. K.

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Tag(s) : #Politique
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