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Société - Article paru le 16 janvier 2008 dans l'Humanité

Beaucoup de naissances… et de personnes seules

Démographie . L’INSEE a rendu publics hier les résultats des recensements effectués depuis 2004. Bilan : une fécondité toujours très élevée et un émiettement de la cellule familiale.

Quatre ans après sa réforme, le recensement « nouvelle formule » (des enquêtes annuelles par échantillons et non une grande enquête tous les huit ou neuf ans) livre ses premiers enseignements. Revue de détail, en trois points.

Certes, en 2007 la France n’a pas été championne du monde de rugby. Elle devrait toutefois conserver son titre de championne d’Europe de la fécondité, avec 1,98 enfant par femme, chiffre en très légère baisse par rapport à 2006 (2 enfants par femme). Seule l’Irlande fait presque aussi bien (1,93 en 2006, le chiffre de 2007 n’étant pas encore publié). Les pays du nord de l’Europe (Pays scandinaves, Royaume-Uni, pays du Benelux) s’approchent de ce score (1,8), dépassant la moyenne continentale (1,52), tirée vers le bas par la faible fécondité observée dans l’est et le sud de l’Europe. Au total, l’INSEE a comptabilisé l’an passé en France 816 500 naissances, dont - et c’est une première - une majorité ont été réalisées hors mariage (50,5 %). Des unions très officielles dont le nombre diminue : 266 500 en 2007, plus bas niveau depuis 1995, auxquelles il faut ajouter les quelque 90 000 PACS contractés. Comme l’âge moyen pour le premier enfant, qui frise aujourd’hui les 30 ans (29,8 ans), celui auquel on se passe la bague au doigt se fait plus tardif (31,3 ans pour les hommes, 29,3 ans pour les femmes).

Malgré cette intense fécondité, les structures familiales continuent de rétrécir et de s’émietter. Ainsi, un tiers des 26 millions de ménages français ne sont constitués que d’une seule personne. « À cela, deux raisons principales, explique Guy Desplanques, chef du département de la démographie à l’INSEE : la fragilité accrue des unions, qui accroît le temps passé sans enfant. Et l’allongement de l’espérance de vie. » En un an, celle-ci a à nouveau progressé de trois mois, pour atteindre 84,4 ans chez les femmes, et 77,5 ans chez les hommes. Soit, en dix ans, une progression de 3 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes ! Résultat : « Sur les 8,6 millions de personnes qui habitent seules, 3,7 millions ont plus de soixante ans, relève Guy Desplanques. Et trois quarts de ces 3,7 millions sont des femmes. » Autre phénomène qui participe de cette atomisation : l’explosion du nombre de familles monoparentales. De 13 % en 1990, elles représentent maintenant 20 % des familles. Quant aux ménages avec trois enfants ou plus, ils se font de plus en plus rares (1,6 million sur 8,7 millions de familles avec enfant).

Au total, la France a donc augmenté sa population de 361 000 personnes en 2007, pour atteindre 63,753 millions au 1er janvier 2008. Une hausse qui s’explique beaucoup plus par le dynamisme de sa fécondité que par un solde migratoire « estimé à 71 000 personnes, en retrait par rapport aux années précédentes où il évoluait plutôt autour de 100 000 personnes (91 000 en 2006) », écrit l’INSEE. Le fruit de la chasse aux sans-papiers et plus généralement aux étrangers, menée depuis quelques années ? L’institut de la statistique, évidemment, ne confirme pas. Mais constate que « dans la majorité des pays européens, la situation est inverse : lorsqu’il y a croissance de la population, celle-ci est principalement due aux migrations ».

Alexandre Fache

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Tag(s) : #GEOGRAPHIE
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