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Société - Article paru le 31 décembre 2007 dans l'Humanité

 

Le centre de Vincennes « frise l’insalubrité »

Le Comité européen antitorture épingle le centre du Val-de-Marne.

Le dernier rapport du Comité européen de prévention de la torture (CPT), rendu public à la mi-décembre, critique les centres de rétention administrative (CRA). Notamment celui de Vincennes 1, où la délégation d’experts a constaté les conditions de rétention « les plus mauvaises » parmi la demi-douzaine de CRA visités courant octobre 2006. D’une capacité effective de 118 places, Vincennes 1 est constitué de trois pavillons. Le bâtiment D (celui hébergeant les ressortissants de l’Afrique subsaharienne) a particulièrement retenu l’attention. « Les locaux les plus vétustes frisaient l’état d’insalubrité », note le CPT. Au point d’estimer que « tous travaux de réfection rénovation ne pourraient constituer qu’un pis-aller temporaire ».

Le système d’évacuation des eaux usées apparaît défectueux. Et l’absence d’entretien et d’hygiène a des conséquences déplorables. « La délégation, lit-on dans le rapport, a pu constater de visu le niveau d’infestation (tiques, puces, moustiques…) de certaines chambres dans le bâtiment D, et de piqûres, morsures d’insectes sur le corps de certains retenus. » De nombreux témoignages, y compris du personnel, attestent aussi de la présence de rats sur le site. Pour le CPT, la conclusion est claire : « La seule issue possible, à terme, est de mettre définitivement hors service les bâtiments D et E et de transférer les retenus dans des locaux adaptés, offrant des conditions de rétention dignes. »

Autre lieu de rétention sous le feu des remontrances : la zone d’attente numéro 3 (la « ZAPI 3 ») de l’aéroport de Roissy. Saturée en cette fin d’année, elle ne parvient plus à héberger convenablement les demandeurs d’asile. Dans un communiqué publié vendredi, l’ANAFÉ (1) s’inquiète ainsi du sort de quelque 150 personnes, principalement tchétchènes, obligées de passer les jours et les nuits dans les salles de transit des aérogares. « Ils se relaient pour trouver le sommeil sur des bancs en métal, explique l’association. L’accès au téléphone, aux sanitaires et aux soins médicaux est difficile, tandis que le chauffage est déficient. » L’ANAFÉ dénonce une situation « manifestement contraire à la dignité des personnes ». Et réclame leur « libération immédiate » afin qu’elles puissent solliciter leur admission en France au titre de l’asile.

(1) Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers.

Laurent Mouloud

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Tag(s) : #Société
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