RATP : les syndicats restent sur leur faim
Pour la direction de la RATP, c’est mission accomplie : elle a affirmé jeudi, à l’issue de la dernière séance de négociations sur la retraite des agents, que « le maintien du régime spécial de retraite de la RATP avec ses caractéristiques spécifiques » était confirmé. Une lecture pas vraiment partagée par les syndicats : pour la CGT, premier syndicat à la régie, cette séance « ne s’est pas bien passée ». Selon elle, un représentant de l’État « est revenu sur ses précédents engagements », en affirmant que la décote (qui amplifie la réduction des pensions pour ceux qui n’ont pas cotisé assez longtemps) s’accentuerait au-delà de 2014, et jusqu’en 2019, « pénalisant d’autant les agents ». Autre difficulté, « les décrets d’application de la réforme ne nous ont pas été présentés, on reste sur notre faim », a ajouté Jacques Eliez, secrétaire général adjoint de la CGT RATP.
Pour SUD RATP, « on n’a pas bougé d’un pouce par rapport à la lettre de cadrage du gouvernement », et « aucune proposition syndicale saillante n’a été retenue ». « Les mesures d’accompagnement préparent déjà l’allongement à 41 ans de la durée de cotisation, avec la création d’échelons d’ancienneté supplémentaires en 2012 et en 2014 », proteste Philippe Touzet, délégué SUD. L’UNSA, qui « ne cautionne pas la réforme », a toutefois jugé que « le compte y est globalement et, en jouant le jeu de la réforme, les agents ne perdront pas d’argent ».
Le président de la RATP Pierre Mongin s’est de son côté « félicité de l’esprit de dialogue de l’ensemble des partenaires » et de leur « sens des responsabilités ». Il a « signé le relevé de décision reprenant l’ensemble des mesures d’entreprise liées à la réforme », qui prévoit l’allongement progressif de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans, selon un communiqué. Comme il ne s’agit pas d’un accord, les syndicats ne sont pas appelés à signer ce document.
L. B.
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