Leur vie au travail : opération vérité
Au lendemain de la journée de grève et de manifestations du 18 octobre, Nicolas Sarkozy se rendait, escorté de caméras, dans les ateliers SNCF du Landy, au nord de Paris. Une visite s’inscrivant dans un plan de communication destiné à nourrir l’image édifiante d’un président présent sur tous les terrains, y compris les plus délicats. Outre ses imprécisions sur l’interprétation du projet de remise en question des régimes spéciaux de retraite, le chef de l’État lança aux cheminots : « Vous avez gagné cinq ans d’espérance de vie en trente ans… » Était-ce un reproche ? Fallait-il que ces hommes qui entretiennent les TGV, tout comme les électriciens et gaziers qui assurent notre approvisionnement énergétique, ou ces conducteurs et conductrices du métro parisien, s’excusent de vivre trop longtemps ? Le chef de l’exécutif veut diviser les salariés, en présentant quelque 500 000 travailleurs au salaire modeste comme des privilégiés. Une véritable imposture que les quelques témoignages vérité publiés dans ces pages démontent éloquemment à quelques jours du mouvement de grève du 14 novembre.
Jean-Paul Piérot
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