Ultimes tentatives de division
Les tentatives du gouvernement pour diviser les organisations syndicales sur la question des régimes spéciaux ont abouti mardi soir à la présentation d’« ultimes » propositions par Xavier Bertrand. « Les dernières », car « le gouvernement est allé au bout de ce qui est possible », a précisé, non sans provocation, le premier ministre, François Fillon. Ces mesures « aménageant » le cadre général de sa réforme sont le fruit de discussions et de rencontres impliquant le ministère du Travail et une partie des organisations syndicales. Ainsi des représentants de syndicats de la RATP (UNSA, CFE-CGC, CFTC, Indépendants et CFDT) ont été reçus mardi après midi. La CGT, bien que majoritaire dans l’entreprise de transport d’Île-de-France comme dans les principales entreprises soumises aux régimes spéciaux (EDF, GDF et SNCF), n’a pas participé à ces rencontres. En agissant ainsi, le gouvernement espère, si ce n’est empêcher la grève du 14 novembre, en tout cas en amoindrir la portée en obtenant de certaines organisations qu’elles renoncent à y participer.
CGT : « on est loin
du compte »
Les « ultimes » propositions du ministre du Travail, Xavier Bertrand, ne modifient que peu le cadre général de la réforme contestée par les syndicats. Concernant la durée de cotisation, le document adressé au syndicat mardi soir propose de ne faire entrer en vigueur la réforme qu’à compter du 1er juillet 2008. Cet aménagement n’est pas de nature à lever l’hostilité des syndicats qui contestent tous, à l’exception de la CFDT, l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités. Concernant l’instauration d’une décote, le gouvernement persiste dans son refus de la supprimer et ne concède qu’un amendement du mécanisme envisagé afin d’en limiter l’impact.
À en croire les premières réactions syndicales, les aménagements proposés par l’exécutif ne suscitent pas une franche adhésion. Dans un communiqué la CGT souligne « un premier recul » avec « l’atténuation de l’effet de décote » mais estime qu’« on est loin du compte ». « L’action est bien à l’ordre du jour », précise la centrale de Montreuil qui maintient ses préavis de grève. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, estime qu’« il y a une grogne en train de montrer et qu’elle n’est pas prise en compte ».
À la SNCF, la CFTC a décidé de maintenir son appel à la grève, tandis que la CFDT de l’entreprise ferroviaire a décidé mardi soir de rejoindre le mouvement. Ce sont donc sept des huit fédérations syndicales de cheminots qui appellent à cesser le travail à compter du 13 novembre, à 20 heures.
À la RATP, la situation, hier après-midi, restait confuse. Seul SUD et la CFE-CGC avaient arrêté leur position. SUD (6,71 % des suffrages) a déposé un préavis de grève reconductible à compter du 14 novembre au contraire de la CFE-CGC qui, satisfaite des derniers aménagements ministériels, estime que
« le temps de la négociation dans l’entreprise est venu ». L’UNSA a estimé que les propositions de Xavier Bertrand constituent « une évolution plutôt satisfaisante » mais a réservé sa décision sur sa participation à une nouvelle grève à la réunion de ses instances. Quant à FO et à la CGT (majoritaire), elles ont multiplié hier les échanges avec les autres syndicats. La CGT précisant qu’elle se « laissait toute latitude pour prendre position jusqu’à jeudi soir », date limite pour déposer un préavis pour le 14 novembre.
À EDF et GDF, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC devaient décider hier, dans la soirée, de leur implication dans la grève de mercredi prochain.
Pierre-Henri Lab
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