Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Société - Article paru le 25 octobre 2007 dans l'Humanité

 

Quand une coopérative agricole se met à l’écologie

Alors que le Grenelle se penche aujourd’hui sur les pratiques agricoles, gros plan sur une coopérative de Loire-Atlantique exemplaire en la matière.

Certes, le prix reste le principal critère d’achat pour les ménages. Mais, rectifie tout de suite Joseph Beaujard, « de plus en plus de consommateurs vont intégrer dans ces critères d’achat les conditions de production des denrées alimentaires : bien-être animal au sein des élevages, respect de l’environnement dans l’acte de production… Une région qui sera suspectée de ne pas bien respecter l’environnement aura demain plus de difficultés à promouvoir et vendre ses produits ». À la coopérative Terrena, les fermiers d’Ancenis, en Loire-Atlantique, Joseph Beaujard travaille essentiellement avec les éleveurs de volailles. Depuis la seconde moitié des années quatre-vingt, cette coopérative qui fédère 400 paysans - tous situés sur un même bassin versant pour l’écoulement des eaux - a commencé à introduire des préoccupations écologiques dans son fonctionnement.

Les éleveurs de volailles fermières ont été dotés d’un code de procédure permettant de mesurer le volume d’eau utilisée pour le lavage du bâtiment, de contrôler la destination des eaux usées, de mesurer les doses d’épandage de fientes sur les terres agricoles, afin de ne pas les charger en azote. Avec l’aide de techniciens, les éleveurs les plus motivés ont d’abord payé d’exemple, suivis très rapidement par le gros de la troupe.

La même démarche a été entreprise auprès de l’élevage laitier, les productions de viande bovine et céréalière. Dans l’élevage, l’accent est mis sur la bonne gestion des effluents tandis que le dosage des engrais minéraux et des produits de traitement des cultures fait l’objet d’une plus grande attention sur les exploitations. Un travail impulsé au niveau national par la fédération des coopératives Coop de France, qui a permis de déboucher sur une norme AFNOR en l’an 2000.

L’expérience, loin d’être unique en France, montre bien le rôle que peuvent tenir le mouvement coopératif et ses entreprises commerciales dans la prise en compte de l’écologie. Encore faut-il que ces dernières osent pousser jusqu’au bout un travail pédagogique qui leur fera vendre moins d’engrais et de produits de traitement.

L’agriculture a souvent été fustigée lors des discussions exploratoires du Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui encore, alors que les grands choix en la matière doivent être tranchés ce matin lors de la troisième table ronde, elle est loin d’être irréprochable dans la globalité de ses actes de productions. Mais ses progrès doivent se faire en conservant une bonne productivité. Autant dire produire en quantité et en qualité, tout en respectant les sols et en étant plus économe en eau. Vaste défi.

Gérard Le Puill

Publicité
Tag(s) : #Economie
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :