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Politique - Article paru le 24 octobre 2007 dans l'Humanité

 

Le logement pèse de plus en plus lourd sur le budget des ménages

En six ans, le coût relatif d’un logement en accession est passé de 3,5 à 4,5 années de revenus.

Premier poste de dépense des ménages français, le logement coûte de plus en plus cher. Il se situe désormais loin devant l’alimentation (respectivement 24 % et 17 %, selon l’INSEE) alors que la situation était inverse au début des années 1980. Et encore, ne s’agit-il là que d’une moyenne. Pour les catégories les plus modestes de la population, le taux d’effort (part du budget des ménages consacrés au logement) est plus proche des 30 %, 40 %, voire de 50 %. Plus généralement, en quarante années, le poids des dépenses contraintes (logement, charges, assurances, crédits, impôts et autres) est passé de 22 % à 45 % du budget des - familles.

Les locataires sont les premières victimes du renchérissement des coûts liés au logement. Depuis 1998, la progression des loyers de marché s’est faite au rythme annuel moyen de 3,9 % pour l’ensemble de la France, indique l’étude Clameur, alors que parallèlement les salaires n’augmentaient que de 2,5 % (salaire mensuel de base de l’ensemble des salariés, source ministère du Travail). En cas de relocation, c’est-à-dire lorsqu’il y a changement de locataire, les loyers se sont élevés de 6,1 % par an, en moyenne, depuis 1998. Même les HLM n’y coupent pas. Chaque année, la Confédération du logement et du cadre de vie signale des hausses supérieures à celles proposées par le ministère du Logement (le plus souvent égales à l’inflation). Pour l’année 2006, les augmentations sont pour 62,4 % d’entre elles supérieures au 1,8 % préconisé alors par le ministère, relève l’association de consommateurs à partir d’une étude réalisée auprès de 159 organismes.

Les accédants à la propriété paient aussi un lourd tribut à la hausse effrénée des coûts liés au logement. Au premier trimestre 2001, le coût relatif d’une accession s’élevait à 3,5 années de revenus. Il est, six ans plus tard, de 4,5 années, soit une hausse de plus de 28 %, avec des revenus qui n’augmentent sur la période en moyenne que de 2,9 % !

Pas étonnant alors que les Français s’endettent plus longtemps. « Entre 2001 et 2003, l’allongement de la durée des prêts accordés se faisait à un rythme moyen de l’ordre de 6 mois par an. » Depuis, le rythme s’est accéléré « pour représenter aujourd’hui de l’ordre de 12 mois par an », note Michel Mouillart pour l’Observatoire du financement des marchés résidentiels. Aujourd’hui, 35,1 % des prêts octroyés sont supérieurs à 25 ans, contre 0,8 % il y a à peine 6 ans. En 2007, 4,5 % de prêts sont égaux ou supérieurs à 30 ans alors que ce type de prêts ne représentait que 0,2 % du marché en 2005.

Cyrille Poy

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Tag(s) : #Politique
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