Les entreprises privilégient avant tout les rémunérations variables, réversibles, si possible individualisables et de préférence échappant aux cotisations sociales.

Il en existe une vingtaine (titres restaurant, chèques vacances, mutuelles complémentaires, prévoyance, retraites par capitalisation, intéressement, épargne salariale, actionnariat salarié, stock-options, bonus divers, avantages en nature.. .) obligatoires ou facultatifs, attribués selon des critères plus ou moins transparents, souvent réservés aux seuls cadres supérieurs. S'ils peuvent apporter du pouvoir d'achat, ces« périphériques» contribuent à creuser les inégalités entre salariés et à mettre à mal les systèmes de protection sociale solidaires.

Quand les PDG ont vu le taux de croissance de leur salaire passer de 1 % à 1,6 % de 1995­-2000 à 2000-2005, l'ensemble des salariés - ce qui inclut les PDG - ont vu le leur passer de 0,67 % à 0,46 %.

Si ces chiffres ne convainquent pas que la répartition des richesses est de plus en plus inégale, penchons­

nous sur les 500 plus grandes fortunes professionnelles de France.

En un an, elles ont progressé au total de40 % (de 200 milliards à 280 milliards d'euros).

Désormais, elles représentent 15 % du PIB, contre 6 % dix ans plus tôt...