Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Société - Article paru le 5 septembre 2007

 

Nicolas Sarkozy lance sa « refondation de l’école »

Éducation . Le chef de l’État a rendu publique hier sa « Lettre aux éducateurs ». Au programme : sélection dès la sixième, réduction du nombre d’heures de cours…

Peu de nouveautés. Mais de nombreuses confirmations. Nicolas Sarkozy a lu, hier, à Blois, sa lettre adressée aux enseignants et plus largement à ceux qu’il nomme les éducateurs : profs, parents, mais également acteurs sociaux, juges ou encore policiers. Sélection dès l’entrée en sixième, réduction du nombre d’heures de cours, suppressions des allocations familiales en cas d’échec parental et, bien sûr, réforme du statut des fonctionnaires de l’éducation : le chef de l’État y fait le tour des politiques à venir et passées. Un tout, qui, une fois constitué, édifiera ce qu’il est désormais convenu d’appeler « la refondation de l’école », devenue urgente à ses yeux.

Restaurer l’autorité

Le président liste ainsi les chantiers futurs, voire en impose les conclusions. « Dans l’école que j’appelle de mes voeux (…), il y aura moins d’heures de cours », affirme-t-il, alors que le débat sur l’allégement des emplois du temps est en cours. Nicolas Sarkozy évoque par ailleurs - mais ce n’est pas une première - la sélection des élèves dès l’entrée en sixième, étape d’évaluation de l’acquisition du socle commun de connaissances. « Nul ne doit entrer en sixième s’il n’a fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du collège », assène le chef de l’État, qui use du même argument pour l’entrée en seconde et prétend ainsi éviter une sélection par trop « brutale à l’entrée de l’université ». Alors qu’il s’affirme, parallèlement, défavorables aux redoublements, il ne dit rien, en revanche, de ce que deviendront les élèves qui n’auront pas franchi ces - paliers.

Concernant les personnels de l’éducation, Nicolas Sarkozy envisage de faire sauter « le carcan des statuts », de réduire le nombre de postes ou encore de restaurer l’autorité professorale (en obligeant les élèves à se lever face aux adultes). Des profs à qui il promet une revalorisation de leur métier, n’hésitant pas à jouer de la carotte. « Vous serez mieux rémunérés (…), vous gagnerez plus, vous progresserez rapidement », - - jure-t-il, « si vous choisissez

de travailler et de vous

investir ».

Car, pour les profs autant que pour les élèves, la promotion se fera au mérite. Les premiers ont pour mission « de donner l’exemple ». Les seconds d’être de « bons élèves ». Ainsi, la réussite n’est-elle plus un droit mais un devoir, dont le non-respect occasionnera des sanctions : éviction du système scolaire, donc, pour les jeunes. Suppression des aides financières pour leurs parents, rappelle Nicolas Sarkozy, faisant référence à la mise sous condition des allocations familiales instaurée voilà deux ans.

Charge feutrée contre le collège unique (qu’il souhaite réformer) et les pédagogies contemporaines (accusées d’avoir poussé l’échec à un niveau jamais atteint) : le président ne manque pas, enfin, d’attaquer ses bêtes noires. En faisant mine, toutefois, de les défendre. « Il serait vain de chercher à ressusciter un âge d’or de l’éducation qui n’a jamais existé », assure-t-il ainsi. Car s’il est un art dans lequel Nicolas Sarkozy n’en finit pas de briller, c’est celui qui consiste à épouser, sur la forme, la cause qu’il souhaite abattre. Et s’il - préconise l’éveil d’une conscience des enfants en tant que « - citoyens du monde », il estime également que celle-ci commence « par la transmission de l’identité nationale », dont l’école serait « - le creuset ».

Marie-Noëlle Bertrand

Publicité
Tag(s) : #Education
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :