société
« Séjourner sans titre sur le territoire est un délit »
Michel Gaudin, nouveau préfet de police de Paris, faisait visiter, hier matin, à Brice Hortefeux, ses locaux. La presse était conviée au bureau le plus emblématique de la politique gouvernementale sur le traitement des étrangers, la plate-forme opérationnelle chargée de l’éloignement des interpellés en situation irrégulière à Paris. Site unique, il regroupe dans un petit bureau du cinquième étage une quinzaine de fonctionnaires de la direction générale de la police, des renseignements généraux et de la police urbaine de proximité. Objectif : permettre de connaître au plus vite lors des interpellations d’étrangers leur situation exacte, pour, en cas d’irrégularité au séjour, ne pas perdre de temps dans le déroulement des procédures, ce qui est une cause d’annulation des plus communes. Le service a traité 9 000 cas depuis le début de l’année et travaille sur les fichiers de police mais aussi sur les fichiers administratifs.
Ministre de l’éloignement
du territoire
Après cette mise en bouche, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement a fait le point sur sa politique d’éloignement. Résultat de sa rencontre avec le président de la République lundi ? C’est visiblement, dans l’éventail de ses fonctions, celle sur laquelle il doit le plus communiquer. Les objectifs pour 2007 sont de 3 680 personnes expulsées de Paris et les résultats sont un peu en retard sur la cible. D’autant que, l’an dernier, les Roumains et les Bulgares représentaient 30 % des expulsions et que leur entrée dans l’Union européenne « a rendu les procédures plus complexes, plus longues, mais pas impossibles, puisqu’ils peuvent être éloignés s’ils enfreignent l’ordre public ou manquent de ressources ». Le travail d’intégration des Rom ne sera donc pas si développé que le sous-préfet de Seine-Saint-Denis le laissait entendre…
Le ministre s’emploie à dialoguer avec les pays qui ne coopèrent pas assez à la délivrance des visas de retour, et de citer les contacts avec l’Égypte, l’Inde, le Mali, la Tunisie, le Maroc. À Paris, il y a eu 2 007 interpellations d’étrangers au premier semestre 2006. Il y en a eu 10 936 pendant le premier semestre 2007, « soit une augmentation de 300 % », se réjouit Brice Hortefeux. Les rafles ont donc été efficaces, mais personne n’en doutait.
La lutte contre l’emploi d’étrangers en situation irrégulière doit, elle aussi, être intensifiée, mais depuis que les employeurs sont obligés de « solliciter » l’avis de la préfecture pour embaucher un étranger, celle-ci reçoit cinq cents demandes de renseignements par jour. « Il faut bien comprendre que le choix n’est pas entre rester ou repartir, mais entre le retour volontaire ou le retour contraint », martèle le ministre. Quant aux statistiques nationales, il préfère les publier « à la fin de l’année, quand elles seront bonnes ». Et, pour ceux qui douteraient, dans ces conditions, de son humanité, il précise qu’il « n’y a pas d’interpellation à domicile dans des proportions qui seraient considérables ». Les familles déboutées de la circulaire Sarkozy sur la pseudo-régularisation des parents d’enfants scolarisés, traînées au petit matin en centre de rétention, ne sont, pour la plupart, plus en mesure de le démentir.
Émilie Rive
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