Société
Alliot-Marie veut plus de caméras
Des caméras partout. Mercredi dernier, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a surfé sur l’actualité dramatique, en l’occurrence la mort de Sergio Vantaggiato, journaliste italien agressé dans le métro parisien, pour réclamer « un renforcement du maillage de vidéosurveillance ». L’idée n’est pas neuve, et séduit depuis longtemps Nicolas Sarkozy. Le modèle du président de la République, en la matière ? La Grande-Bretagne : « Il y a 25 millions de caméras au Royaume-Uni, un million en France, a-t-il souligné dernièrement dans le Journal du dimanche. Je suis très impressionné par l’efficacité de la police britannique grâce à ce réseau de caméras. »
À Londres en 2005, ou tout récemment à Glasgow en Écosse lors de la tentative d’attentat à l’aéroport, les caméras ont été déterminantes pour l’enquête. Aussi, « contre la menace terroriste », Nicolas Sarkozy a déjà demandé une réflexion sur « un vaste plan d’installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun ». Mais les velléités présidentielles vont bien au-delà de ces seuls lieux puisque son projet vise à multiplier les installations dans les grandes avenues et sur les trottoirs des agglomérations.
Philippe Goujon, élu (UMP) de la circonscription où se trouve la station de métro Bir-Hakeim - lieu de l’agression -, a appelé de ses voeux « le lancement d’un grand plan de vidéosurveillance à Paris ». Il reproche au maire de Paris, Bertrand Delanoë, de « traîner les pieds » pour la mise en place d’un plan de 1 000 caméras supplémentaires sur la voie publique. Paris en compte déjà 31 000, selon la Préfecture de police. Réponse du maire : « La vidéosurveillance ne constitue pas une solution unique, car si elle peut faciliter l’identification des personnes, elle ne peut remplacer le rôle préventif des agents. »
Sophie Bouniot
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