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International - Article paru le 9 août 2007 dans l'Humanité

Monde

Nouveau « rayon de soleil » sur les deux Corées

Péninsule coréenne . Un mois après l’annonce d’un accord sur la centrale nucléaire de Yongbyon au nord, Séoul annonce un prochain sommet des chefs d’État des deux pays.

Il avait baptisé son initiative la « politique du rayon de soleil ». En juin 2000, Kim Dae-jung, alors président de la Corée du Sud, se rendait à Pyong-Yang pour y rencontrer son homologue nord-coréen. Depuis ce moment historique et la déclaration commune des deux dirigeants, les relations intercoréennes ont continué à évoluer, mais pas toujours sur la voie d’une réconciliation. C’est dire l’importance du nouveau pas qui vient d’être franchi, hier, avec l’annonce d’un prochain sommet des dirigeants coréens, fin août pour promouvoir la paix dans la péninsule. « En vertu d’un accord entre le président sud-coréen Roh Moo-hyun et le président de la commission de Défense de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), Kim Jong-II, le président Roh Moo-hyun a décidé de se rendre à Pyongyang du 28 au 30 août », a en effet annoncé, hier, la présidence sud-coréenne dans un communiqué.

De bon augure, cette nouvelle avait été précédée par quelques signes encourageants, tant au Nord qu’au Sud. Le 13 février dernier, le Groupe des six (Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Japon, Russie) mettait au point un accord avec la Corée du Nord qui prévoyait une aide énergétique équivalant à un million de tonnes de pétrole par an et la levée des sanctions financières en échange d’un démantèlement progressif des installations nucléaires nord-coréennes. Le 30 juin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé être parvenue à un accord avec la Corée du Nord sur les modalités de fermeture du réacteur nucléaire de Yongbyon.

volonté de rapprochement

Dans la foulée, la Corée du Sud a donc repris ses premières livraisons régulières de riz, interrompues depuis décembre 2005 vers la Corée du Nord. Le 14 juillet, cette dernière procédait donc à la fermeture de son principal site nucléaire. Même vent d’espoir sur la scène intérieure sud-coréenne, à six mois de la prochaine élection présidentielle. Début juillet, le principal parti d’opposition, le Grand parti national (GPN, centre droit), jusqu’alors opposé à toute politique de rapprochement avec la Corée du Nord, s’est finalement rallié à cette idée.

Premier point prévu pour cette rencontre, selon les officiels sud-coréens : poser « une base pour établir un régime de paix sur la péninsule coréenne ». Divisée depuis la décolonisation japonaise, la péninsule est toujours formellement en guerre : depuis l’armistice qui a marqué la fin de trois années de combats entre 1950 et 1953, aucun traité de paix à proprement parler n’a jamais été signé entre les deux parties. Ces dernières ont néanmoins consenti à signer, en 1991 un accord de réconciliation, de non-agression, d’échanges et de coopération. Mais des incidents continuent depuis lors à ponctuer les relations entre les deux pays. Dernier en date, la semaine dernière, avec des échanges de tirs par-delà la frontière.

L’annonce de ce prochain sommet a été chaudement saluée par la Chine, dont le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré soutenir « tout ce qui peut contribuer à la stabilité de la péninsule coréenne et du nord-est asiatique », et notamment « l’amélioration des relations Nord-Sud par le dialogue ». De leur côté, les États-Unis ont mis l’accent sur le volet sécuritaire de leurs relations avec la Corée du Nord et déclaré espérer que « cette rencontre aidera à promouvoir la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne et à remplir les objectifs de l’accord multipartite (du 13 février) ».

Anne Roy

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Tag(s) : #Monde
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