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Le service minimum menace le droit de grève

mercredi 1er août 2007
 

Le projet de loi sur le service minimum n’est qu’une "première étape" avant une remise en cause générale du droit de grève, estime le secrétaire général de la fédération des Transports CGT, Paul Fourier, à la veille d’une journée de mobilisation nationale.

Le texte, dont l’examen à l’Assemblée nationale débute lundi après-midi, concerne les transports publics terrestres mais "d’autres modes de transports seront visés ainsi que d’autres secteurs du service public", comme l’Education nationale, a-t-il dit dans un entretien téléphonique.

Paul Fourier prédit "une rentrée à la hauteur des textes" préparés par le gouvernement qui, dit-il, "fait tout pour nous conduire au conflit", que ce soit sur le service minimum, le "paquet fiscal", le projet de franchises médicales ou l’éventuelle réforme des retraites.

Le texte sur les transports est une "première étape" et "on ne peut pas faire pire en termes de passage en catimini, en plein été", dénonce le syndicaliste.

Il table cependant sur une "bonne mobilisation" mardi, à l’appel de toutes les fédérations syndicales des transports. Le SNES-FSU, première organisation syndicale d’enseignants, s’est jointe à la journée d’action nationale.

"Certes, ces rassemblements se tiennent entre plage et embouteillages mais les retours du terrain sont bons, malgré les manoeuvres du gouvernement", assure Paul Fourier.

"OPÉRATION DE SÉDUCTION PUBLIQUE"

"On veut un texte qui réponde aux exigences sociales de réduction de la conflictualité or, là, cela va plutôt l’augmenter. On n’a jamais fait baisser la fièvre en cassant le thermomètre !", dit-il.

Le gouvernement est "coincé par la Constitution, qui protège le droit de grève. Alors, ils procèdent à une opération de séduction publique en mettant un titre joli qui parle de dialogue social et de continuité du service public mais qui ne répond ni à l’un ni à l’autre", estime le représentant syndical.

"On est en présence de marketing politique, on lance des paillettes, de la poudre aux yeux des Français en prétendant qu’il y a du dialogue social dedans mais le vrai, c’est qu’on veut contraindre le droit de grève".

Selon Paul Fourier, "il est prouvé que plus de 90% des dysfonctionnements dans les transports ne sont pas dus à des conflits sociaux" mais à la vétusté des matériels, à des pannes, des défauts de maintenance ou au manque d’effectifs.

Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en mai, "on est dans la stigmatisation : les méchants syndicats sont toujours en conflit et incapables de faire des propositions", dénonce le secrétaire général. La CGT a déposé une série d’amendements au texte gouvernemental début juillet qu’il a transmis depuis aux parlementaires, rappelle-t-il.

Le syndicat réclame une application à la lettre des textes de loi en vigueur, une modernisation du dialogue social et une augmentation des moyens budgétaires alloués au service public des transports.

Plus de la moitié des entreprises de transports officiellement soumises aux "négociations annuelles obligatoires" ne les respectent pas, affirme Paul Fourier.

Combinées au principe de l’accord majoritaire, ces deux mesures permettraient de réduire "naturellement" la conflictualité, assure le syndicaliste.

CGT 1er Aout

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Tag(s) : #Société
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