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Les poissons rouges de Nicolas Sarkozy


MATHIEU VAN BERCHEM | 08 Juillet 2007 | 23h44:24H quot suisse

 

Il fait presque envie, Bernard Kouchner, à l’aise dans son costard de ministre des Affaires étrangères d’un gouvernement de droite, le sourire aux lèvres quand il croise Condoleezza Rice ou, l’autre jour à Genève, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

En deux mois, l’ex-French Doctor a réussi à banaliser l’" ouverture " du président Sarkozy. Au point de faire des jaloux. Après les deux premières étapes de ce grand débauchage à gauche, l’Elysée attaque la troisième. La plus délicate, mais aussi la plus assassine parce qu’elle touche au noyau dur du Parti socialiste.

Il faut, un instant, se mettre à la place de ces responsables socialistes auxquels Sarkozy fait les yeux doux. Prenons Julien Dray. L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a reçu, comme tant d’autres, un coup de fil du président, avant de décliner son offre.

Sereinement? A 52 ans, Dray, expert de la manoeuvre rue de Solférino, fondateur entre autres de SOS-Racisme, n’a jamais été ministre. Si d’aventure Sarkozy est réélu en 2012, il ne le sera pas avant l’âge de 62 ans. Son sens politique indéniable, ses idées, dans le domaine notamment de la sécurité, resteront calfeutrées dans les archives du PS. Même sort pour son cadet Manuel Valls, maire d’Evry, ou son aîné breton Jean-Yves Le Drian, également contactés par l’Elysée.

Prendre ses adversaires par les sentiments. Ceux qui ont accepté ou sont en passe de le faire une mission ou un maroquin ne sont curieusement pas les plus à plaindre en matière d’expérience ministérielle. Hubert Védrine, à qui Sarkozy a confié une mission sur la mondialisation, n’a quasiment pas quitté l’Elysée (notamment comme secrétaire général) puis le quai d’Orsay pendant vingt ans. Kouchner fut ministre pendant huit ans, Jack Lang presque douze. Sarkozy connaît leur faiblesse : ce sont des " accros " des hautes sphères de l’Etat.

En proposant à l’éternel ministre de Mitterrand puis de Jospin une mission sur la réforme des institutions, le chef de l’Etat frappe fort. " Jack ", c’est tout un symbole. Et même s’il a perdu un peu de sa popularité, l’ancien ministre de la Culture incarnait récemment encore, dans l’équipe de Ségolène Royal, l’anti-sarkozysme le plus militant.

DSK au FMI? Ne manquaient que les poids lourds socialistes, les vrais, ceux qui ont encore une chance de représenter le parti à la prochaine présidentielle. Et voilà que l’Elysée fait de Dominique Strauss-Kahn (DSK) le candidat " le plus apte " de la France au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

DSK au FMI, sur proposition de Sarkozy? Au PS, les réactions, hier outragées par les " trahisons ", se font plus mesurées, comme si plus rien ne pouvait étonner François Hollande et ses proches. A cette prudence, il y a deux autres raisons. D’abord, le FMI n’est pas le gouvernement et DSK ne trahit rien en le rejoignant. Ensuite, parce peut-être au PS le sentiment confus qu’à trop vouloir débaucher, le gouvernement simplifie la tâche de ceux qui souhaitent rénover le parti, Sans les éléphants.



De : marie 75
lundi 9 juillet 2007

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Tag(s) : #Chronique présidentielle
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