Les assistantes sociales, saturées, se rebiffent
Article paru dans l'Humanité du mardi 19 juin 2007
Éducation . Les syndicats appellent à la grève et revendiquent la création de 4 500 postes dans les établissements scolaires.
À bout de force, mais pas à bout de souffle. Les assistantes sociales (AS) de l’éducation nationale n’en peuvent plus et seront en grève, aujourd’hui (1), pour exiger des créations de postes. 4 500, - précisément, dont 500 dès la rentrée prochaine. Un chiffre rond, avancé par le SNUASFP-FSU et le SNASEN-UNSA éducation, qui trouve sa mesure dans la déclinaison de l’état des forces actuelles. Zéro assistant social en primaire, ni même en maternelle. Seulement 198 dans le supérieur, où la population étudiante s’élève à plus de 2 millions de personnes.
Dans le secondaire, la réalité est variable. Si un assistant social en Seine-Saint-Denis vaque entre deux établissements - voire se concentre sur un -, ce taux peut s’avérer nettement plus faible ailleurs. Comme dans l’académie d’Orléans-Tours, où certains cavalent entre 8, voire 9 lycées ou collèges.
" Nous sommes censés faire de la prévention, de l’accompagnement, assurer le lien entre les familles, l’école, les structures extérieures... ", énumère Isabelle Baillon, - responsable nationale du SNUASFP, qui poursuit : " Nous intervenons dans le cadre de la protection de l’enfance ou auprès des personnels de l’éducation, dont la précarisation va croissant... Comment assurer autant de missions en étant si peu ? "
Alors que seulement 20 postes ont été créés depuis 2003, les AS se disent au bout du rouleau. " Nous avons atteint un point de non-retour, affirme Valérie Robinet, secrétaire générale du SNASEN. Certaines collègues n’ont ni bureau, ni téléphone. D’autres sont dans l’incapacité de suivre les dossiers. " Impossible, à moins de renoncer à toute déontologie, de travailler ainsi, affirment-elles l’une et l’autre, d’autant que les difficultés sociales des familles augmentent. Saisissant l’annonce d’un collectif budgétaire fin juin, les syndicats espèrent être reçus, dès cet après-midi, par les députés. Histoire d’inaugurer la nouvelle assemblée.
Marie-Noëlle Bertrand
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