Actualité de l’oeuvre et des idéaux de la Commune de 1871
(article paru dans l'Humanité du 2 juin 2007)
Par Yves Lenoir, responsable à la communication des Amis de la Commune de ParisLa Commune de Paris peut-elle être un exemple et une référence pour tous les démocrates du monde ?
Ce samedi, au Mur des Fédérés, les Amis de la Commune de Paris, ainsi qu’une trentaine d’organisations du mouvement associatif, syndical et politique, rendront hommage aux révolutionnaires de 1871, à leur oeuvre et à leurs idéaux (1).
Le 28 mai 1871, la réaction versaillaise faisait exécuter au cimetière du Père-Lachaise, contre l’enceinte connue depuis sous le nom de Mur des Fédérés, cent quarante-sept Communards amenés de la prison de Mazas. C’était la fin de la Commune, mais pas celle du martyr des Communards. Les arrestations et les exécutions allaient se poursuivre en juin 1871 et pendant les mois et les années - suivantes.
Vingt-cinq à trente mille Communards avaient été exécutés pendant la Semaine sanglante. Plus de quarante mille hommes, femmes et enfants seront arrêtés et transportés, dans des conditions épouvantables, de Satory aux forts et pontons des ports de la Manche et de l’Atlantique. Jugés par des tribunaux militaires, plus de quatre mille d’entre eux seront condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie.
Le 2 juin, nous honorerons toutes ces victimes. En même temps, nous rendrons hommage à l’oeuvre considérable qu’ils ont accomplie, à leurs idéaux qui, depuis 136 ans, inspirent les travailleurs dans le monde entier comme ce fut le cas, en France notamment, pendant le Front populaire, la Résistance, en mai 1968 et aujourd’hui encore. Pour les révolutionnaires et les démocrates, partout dans le monde, la Commune de Paris est un exemple, une référence. Tous ont en mémoire son oeuvre et ses idéaux.
La Commune est une véritable démocratie, le peuple citoyen contrôlant en permanence ses élus, soumis à un mandat impératif et révocables.
Elle réalise une oeuvre sociale d’avant-garde en satisfaisant les revendications ouvrières. La Commune prône l’émancipation féminine et met fin aux discriminations subies par les femmes. Elle sépare l’Église de l’État trente-quatre ans avant la loi de 1905 et met en oeuvre, quinze ans avant les lois de Jules Ferry, l’école gratuite, laïque et obligatoire, y compris l’enseignement professionnel, pour les garçons et les filles.
La Commune confie à une commission des artistes, animée par le peintre Gustave Courbet, la mission de rouvrir les musées, bibliothèques et théâtres, de promouvoir la libre - expression des arts dégagés de toute tutelle. Elle fait de tous les étrangers des citoyens à part entière, nomme des généraux polonais à la tête de ses armées et choisit l’ouvrier hongrois Léo Frankel comme ministre du Travail.
Ceux qui luttent aujourd’hui pour la liberté, la justice sociale, l’émancipation humaine et contre toutes les discriminations puisent des exemples dans la Commune qui a su, dans les termes de son époque, inventer les solutions en mesure de mettre fin aux difficultés qui écrasaient les travailleurs. La Commune continue d’inspirer celles et ceux qui luttent contre le libéralisme sauvage, la pauvreté et les inégalités plus criantes que jamais, le culte de l’argent roi, l’autoritarisme, le racisme, le fanatisme. Elle est une référence pour celles et ceux qui se battent pour la démocratie, la justice sociale, la fin de toutes les aliénations. Certes, à temps nouveaux solutions nouvelles, mais dans notre société en crise la Commune est un phare d’une extraordinaire luminosité.
Parmi les signataires de l’appel : ARAC, Association des libres penseurs de France, Association Louise-Michel, Comité national CGT des précaires et privés d’emploi, Coordination nationale des sans-papiers, Femmes solidaires, Les Garibaldiens, LDH, MRAP, CGT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, JRCF, MJCF, MJS, UEC Paris, UNEF, LCR Paris, LO, MRC, PCF, PRG, PS, U2R, Rouges vifs Île-de-France, PRCF...
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)