Article paru dans le Patriote du jeudi 31 mai 2007
" Dans les faits, on assiste à une baisse des formations et donc à une gestion comptable que la suppression de la carte scolaire ne fera que renforcer. Supprimer la carte scolaire, c’est augmenter les inégalités. " Entretien avec Jean-Paul Clot, secrétaire départemental du SNES-FSU
." Nous avons essentiellement des craintes… Les attentes concernent l’abrogation du décret de Robien et la demande d’un collectif budgétaire. Nous avons de nombreuses inquiétudes en matière de postes d’enseignants pour la prochaine rentrée scolaire. Par ailleurs, le gouvernement entend mettre en cause la carte scolaire…
" Nous sommes totalement opposés à cette suppression. En abordant ce sujet, on donne l’impression que c’est à l’Education nationale de régler tous les problèmes sociaux du pays. En réalité, la mixité scolaire constitue un enjeu bien plus vaste que l’Education nationale. " Ce n’est pas en éliminant la carte scolaire que l’on va améliorer la situation. Il faudrait plutôt commencer par redéfinir les secteurs scolaires en faisant en sorte que chaque établissement ait une offre de formations à la hauteur des exigences des élèves et des parents. " Je me demande d’ailleurs comment même un simple assouplissement de la carte scolaire est envisageable pour septembre ? La question est celle d’une gestion plus efficace des élèves et je vois mal comment sans carte scolaire, le Conseil général va-t-il faire pour organiser les transports scolaires ? La réponse, je pense l’avoir malheureusement. Les parents seront amener à financer les transports de leurs enfants… On va aggraver les inégalités. On va ensuite élargir les déséquilibres entre les établissements, " riches " et " pauvres " en terme de formations. "
" Il y a besoin en effet de proposer dans chaque établissement davantage de formations et d’options. Prenons l’exemple de la ville de Grasse où j’enseigne. Le lycée Tocqueville ne dispense pas d’option latin, les élèves désireux de prendre cette option se tournent tout naturellement vers l’autre établissement — le lycée Amiral-de-Grasse. N’y aurait-t-il pas lieu d’envisager une offre de formations afin que les élèves bénéficient des mêmes possibilités d’enseignement ? " Dans les faits, on assiste à une baisse des formations et donc à une gestion comptable que la suppression de la carte scolaire ne fera que renforcer. Supprimer la carte scolaire, c’est augmenter les inégalités. "
Entretien réalisé par Pierre Chaillan
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