Le PCF pourquoi ?
Le PCF est à niveau bas : oui 3,4% ou 2% c’est bas comme le score des verts - qui s’autoproclamaient il n’y a pas si longtemps la seconde force politique de la gauche et celle qui allait remplacer le parti communiste- , comme celui de la star José Bové - " un nouvel espoir pour le Peuples du monde " ne lisait-on pas sur son site, comme celui d’Arlette Laguiller chouchoute des medias en 2002 et ringardisée depuis et aussi comme celui de Besancenot - car passer en 38 ans des 1% de Krivine à 4,5 %, c’est pas non plus la panacée et même si ce n’est pas rien, il faut aussi faire la part du médiatique.
Pourtant, vos commentaires, ceux qui ont soutenu la campagne de Marie George Buffet, montrent qu’il existe encore des hommes et des femmes pour qui le PCF représente autre chose que ce que l’on veut bien en dire. C’est avec eux qu’il faut se rassembler et leur dire que le PCF d’aujourd’hui n’est pas le PCF d’hier. C’est ce dernier qui est dépassé mais pas celui qui reste dans le présent une force militante, des gens généreux que l’espoir fait vivre même quand on ne les entend pas, ils sont pourtant bien là ; à moins que j’ai rêvé cette campagne et que la retransmission du meeting de Bercy était un montage de la STASI...A moins que les militants communistes que j’ai croisé lors des manifestations pour les retraites en 2003 ou contre le CPE en 2006 étaient des figurants.
Oui le PCF existe !
Qu’il ne soit plus "le grand parti de la classe ouvrière", premier parti de la gauche française jusqu’à la fin des années 1960, ce n’est pas nouveau ! Qu’il ne soit plus audible dans un monde de plus en plus complexe et abrutisé par la pensée unique qui régie la planète, ce n’est pas d’hier ! Qu’il ne soit pas en mesure de créer aujourd’hui le grand soulèvement des masses contre le Grand capital, c’est connu ! Je ne pense pas que la LCR ou les Verts en soient non plus capables. Quand au PS, il a choisi la voie inverse. Alors si le PCF est mort comme on nous le répète à l’envie comme un lavage de cerveau, qui dit mieux ? Qui fait vraiment mieux ? Et pourquoi continue-t-on à en parler ?
Que le PCF vive une crise sans précèdent amorcée dans les années 1960 et accentuée depuis le milieu des années 1980, c’est vrai !
Qu’il faille encore une fois se poser la question des pourquoi, des comment et " y a qu’à " et " faut qu’on ", c’est juste -encore que faut pas non plus que cela accouche d’une souris !
Mais se remettre en cause ce n’est pas une raison pour baisser les bras et se renier : en changeant le nom comme certains le proposent- sous prétexte que ce dernier porterai trop de casseroles aux yeux des pas bien informés alors que nos détracteurs auront vite fait de nous présenter comme des "ex" ; ce qui fera en plus de nous des recyclés- nous ne gagnerons rien et nous assumer ne nous coûtera pas plus cher.... En outre, le communisme pour moi est bien autre chose que ce que la sagesse populaire ("vox dei vox...connerie") en dit et bien plus que la caricature qui est sortie de toutes ces guerres qui ont ensanglantées le siècle.
Nous sommes à la croisée des chemins entre un passé qu’il ne faut pas oublier tout en en faisant l’inventaire et un avenir qui reste à construire. Sans le savoir nous posons les bases de la résistance au Capitalisme d’aujourd’hui, nous ne sommes pas les seuls. Faisons au mieux pour construire du nouveau sans oublier les leçons du passé. Car "du passé faisons table rase", c’est pour le Capitalisme que la phrase a été écrite pas pour ceux qui décident de prendre en main leur destin et font de la lutte leur quotidien. Je crois encore qu’en terminant en 1848 "Le Manifeste du Parti communiste "par cette phrase "prolétaires de tous les pays unissez-vous", Marx avait raison. Et si Marx n’est pas tout pour nous -contrairement à l’Evangile pour les chrétiens, ni l’alpha ni l’oméga- son œuvre mérite toujours notre attention (à la lumière bien sûr des réalités du monde d’aujourd’hui). Et c’est pour "rendre à Marx ce qui appartient à Marx", que je crois nécessaire de conserver le nom "Parti communiste" comme dans le titre de son ouvrage si vieux et pourtant si actuel si l’on veut bien ouvrir les yeux.
Je n’ai pas de leçons à donner sur les choix qu’il faut faire en terme de stratégie, de dialectique ou de contenu aux adhérents du PCF, je ne suis pas encore l’un d’eux. Mais dans mon cœur, c’est autre chose. J’ai serré les dents en 2007 comme en 2002, j’ai eu très mal pour ce que cela signifierai de nouveaux reculs pour notre société. Pourtant, je pense que le combat n’est jamais terminé.
En attendant, il y des échéances :
battre Sarkozy si c’est encore possible et tout en sachant que Royal ne vaut pas mieux pour ce qui est des choix budgétaires et sociaux
préparer les législatives, pas seulement pour faire mentir les nécrologues mais pour donner à notre peuple des députés communistes qui le représentent vraiment
reconstruire le PCF avec ceux qui l’aime encore pour ce qu’il représente, j’espère que c’est cela que décidera le Congrès extraordinaire et pas la simple survie de l’appareil, ni orientation social-démocrate à la Robert Hue, ni simple repli identitaire sur la structure
BIBI (33)
jeudi 3 mai 2007
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