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L’unité est indispensable mais comment ?

Il s’agit de rassemblement, d’unité pour mener un combat, mais quel combat et sur quelle base chercher l’union ?

Ce sont des questions légitimes me semble-t-il, je suis frappée par le réflexe passionnel qui a suivi le résultat des élections... On peut le comprendre tant la déception est grande mais si cela devait rester en état ce serait catastrophique.

L’union d’abord avec le PS pour battre Sarkozy (si faire se peut au vu du 60% de la droite)...

Est-ce qu’on peut confondre ce réflexe démocratique, parce que nous risquons d’avoir un président digne des néo-conservateurs de G.W.Bush, avec les années d’errance et de soumission du PCF et de toute l’extrême-gauche à un PS hégémonique ? Un PS dont le programme et les pratiques se déportent de plus en plus à droite. Comment analyser cette évolution de la social démocratie d’abord dans le contexte de la chute du socialisme européen et ensuite dans le ralliement au libéralisme dans le cadre de l’union européenne ?

Au contraire, au risque de manier le paradoxe, il me semble que refuser ce geste républicain et de sauvegarde face au danger Sarkozy montre que nous sommes encore dominés par la toute puissance vraie ou supposée du PS. Nous sommes comme les Espagnols dont on disait qu’ils passaient leur vie à courir derrière l’Eglise, les uns avec un cierge, les autres avec un baton.

Il est clair que les institutions de la Ve République, celles de l’Union Européenne développent ce réflexe de soumission de l’extrême-gauche et singulièrement du PCF. Mais cela n’a lieu que parce que le PCF joue sa survie et ne la voit que dans ses élus. Et tout cela témoigne d’un sauve qui peut à court vue, d’une absence de perspective qui conduisent à la débâcle. Il n’est pas question d’incriminer la direction du PCF et d’autres partis mais de comprendre pour trouver une issue.

L’Union anti-libérale n’a pas résolu le problème parce qu’elle est conçue sur des bases erronées.

Je crois qu’il faut effectivement et c’est impératif rassembler les communistes, les altermondialistes et toutes les forces de progrès. Mais les conditions n’en ont pas encore été réunies, elles sont allées même a contrario.

  1. l’analyse du NON du 29 mai, ce n’était pas, ai-je affirmé, un vote de gauche mais un vote de classe, les collectifs anti-libéraux ont inventé leur rôle moteur dans cette affaire ce qui leur a fait croire que rassemblés dans un cartel d’organisations dont certaines ne représentaient rien, ils auraient une majorité potentielle. Les mouvements de la société française leur échappent, il reste beaucoup à comprendre et qu’interviennent comme aujourd’hui la défaite, ils en déduiront rageusement que les électeurs sont des petits bourgeois qui vivent trop bien.

2) le but poursuivi, l’anti-libéralisme ne parle qu’à ces groupes restreints et personne n’a le courage de poser la question de l’ampleur de la tâche, anti-capitaliste, anti-impérialiste, parce que le socialisme a été totalement discrédité avec l’aide active des communistes. C’est un vrai problème qui a des incidentes multiples, nous sommes en plein réductionnisme (face à la mondialisation) ce qui nous conduit à sauver ce qui ne peut l’être. Dans la campagne même il y a eu certaines interventions qui témoignaient des illusions sur le rôle international positif de l’Union Européenne... Si la domination du PS existe, elle est là dans notre incapacité à penser l’ampleur du problème, les solutions à apporter et pas dans un vote nécessaire.

3) dans de telles conditions de confusion, le rassemblement anti-libéral ne pouvait être que ce qu’il a été : une querelle de petits chefs, une propension à se réunir contre le PCF, mais cela ne concerne pas que le PCF, c’est l’hostilité à toute forme de parti et le recours à l’homme providentiel (ou la femme), défini par son audience médiatique...

Nous sommes en plein imaginaire, confusion idéologique et nul ne sait plus de quoi il est question, le socialisme en tant qu’expérience historique est caricaturée, seule l’opinion des vainqueurs a droit de cité, dans un temps de mondialisation nous sommes dans l’incapacité de comprendre la planète, et nous refusons l’organisation démocratique au profit de petits combats de chefs.

l’union anti-libérale, sur ces bases là, nous conduira une fois de plus dans le mur. Il ne faut pas renoncer à ce rassemblement mais le construire sur des bases différentes.

Danielle Bleitrach
mardi 24 avril 2007

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Tag(s) : #Débat après le 22 avril 2007
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