jeudi 29 mars 2007 / "le Patriote"
Les régimes spéciaux, encore épargnés par les réformes des retraites précédentes, restent dans la ligne de mire des libéraux.
Le système des retraites français a instauré plusieurs régimes au cours de son histoire. Il en existe un pour les salariés du secteur privé, un autre pour ceux du secteur public, un pour les non-salariés et les professions libérales, ainsi qu’un régime pour les agriculteurs salariés et non-salariés. Le régime de base, couvrant les salariés du secteur privé, est le plus important puisqu’il est celui de 68 % des actifs. Le régime du secteur public représente lui 21 % de la population active, suivi par celui des non-salariés et des professions libérales (11 % des actifs). Le système des retraites de la fonction publique est le plus ancien (1853), puisque les fonctionnaires ont été les premiers à obtenir ce droit. Outre ces principaux systèmes de retraites, des régimes spéciaux ont été créés dans certaines professions, dont beaucoup appartiennent à des entreprises publiques. En 1945, le programme de Sécurité sociale du CNR (Conseil national de la Résistance) en a établi dans les grandes entreprises nationalisées de l’énergie et des transports : EDF-GDF, la SNCF, la RATP, les Mines, et les ouvriers de l’Etat. Ces régimes spéciaux correspondent notamment aux conditions de travail de ces professions ainsi qu’aux risques encourus par leurs salariés. D’autres ont été constitués plus tard pour permettre à des catégories de la population bien spécifiques d’accéder elles aussi à ce droit à la retraite. Il s’agit notamment des opéras, de la Comédie-Française, des marins ou des clercs de notaires. Ces régimes spéciaux peuvent également faire l’objet, selon les conditions de travail et les risques sur la santé des salariés, de différences dans l’âge de départ en retraite… Jusqu’ici, les régimes spéciaux ont été épargnés, notamment grâce aux luttes des salariés concernés, par les réformes de retraites qui ont rallongé la durée de cotisation. Pour autant, en septembre dernier, le porte-parole de Nicolas Sarkozy, François Fillon, annonçait qu’il faudrait préparer une réforme pour la prochaine législature… En les accusant d’être " structurellement déficitaires ". La droite, si elle est réélue en mai prochain, s’apprête ainsi à abattre un pilier supplémentaire du programme de la Sécurité sociale, acquis après la Libération…
Diego CHAUVET
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