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La solidarité ne doit pas devenir un délit (paru dans La Marseillaise du29/03/07)

Le Réseau Éducation Sans Frontière demande l’arrêt des poursuites contre Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille.

Entre l’enclume et le marteau

E.B

Tout a commencé lorsque la famille Douibi a été recalée suite à sa demande de régularisation, après la circulaire du 13 juin 2006. Les critères de régularisation des ressortissants étrangers ne sont pas insurmontables : résidence en France depuis au moins 2 ans, un enfant né sur le territoire et scolarisé au moins depuis 2005, volonté d’intégration des familles. Pourtant, comme tant d’autres, le père de famille a été débouté, dans la plus grande incompréhension.
Arrêté à la gare Saint Charles en novembre 2006 et placé en détention au centre du Canet, il fait l’objet d’un arrêté préfectoral de reconduite dans son pays d’origine.
Le 9 novembre, la première tentative d’expulsion par bateau échoue. Les marins CGT de la SNCM, soutenus par les militants, refusent de prendre la mer.
Malgré les mobilisations du 10 et 11 novembre des enseignants et parents d’élèves de plusieurs établissements scolaires, la 2è tentative d’expulsion est lancée par voie aérienne.
Parce que monsieur Douibi est considéré par le corps enseignant comme étant " bien intégré " et que le renvoi est jugé pulvériser une vie de famille, ce sont quelques 200 manifestants qui organisent une mobilisation à caractère pacifique ce jour là.
Ils suivent les policiers en charge de l’expulsion et plusieurs d’entre eux sont interpellés sur le tarmac.
La voiture de Florimond Guimard suit également les forces de l’ordre, ce pourquoi il est accusé d’avoir eu l’intention de percuter la police avec son véhicule, jugé comme une " arme".

Un cas non isolé
Un certain nombre d’actions solidaires avec les Sans papiers voient le jour depuis quelques mois. Syndicats, associatifs, élus républicains et citoyens dénoncent " une politique liberticide " menée par le gouvernement.

Manifestation le matin du 20 avril à Aix en Provence.
Signer la pétition : educationsansfrontieres.org

Dans ce combat, le RESF de Marseille se donne pour mission la défense des Droits de l’Homme : droit de vivre en famille, droit à la scolarité et à la santé…
Le réseau dénonce surtout un gouvernement qui choisit de " criminaliser l’action citoyenne " de défense des droits de l’homme en faisant comparaître en justice des citoyens solidaires de populations fragilisées.
Le cas de Florimond Guimard n’est malheureusement pas un cas isolé. Des dizaines de cas ont été recensés sur le territoire français ces derniers mois, comme celui de Valérie Boukobza. Directrice d’une école maternelle dans la région parisienne, sa garde à vue pour " outrage et dégradation de biens publics en réunion ", suscite tout autant l’indignation.

EMMANUELLE BARRET


PHOTO STÉPHANE CLAD

Hier soir, militants syndicaux, associatifs et politiques ont manifesté en direction de la préfecture aux côtés des Sans papiers. Définis par le Collectif des Sans Papiers comme des personnes " venues travailler en France à cause de la misère causée dans leur pays d’origine par la mondialisation libérale ", ils ont voulu commémorer l’anniversaire de l’occupation de l’ex maison des étrangers.
Ils dénoncent la loi CESEDA qui aggrave encore les conditions d’entrée en France.
La porte-parole du collectif, Aminata Diouf, dénonce également la circulaire de juin comme étant " hypocrite " car n’empêchant pas les expulsions. " Au lieu de régulariser les personnes, elle est un moyen de contrôle et de recensement des populations". Celles-ci " n’ayant pas d’autre choix tant que les pays riches pilleront les pays pauvres ".
Le 11 novembre 2006, près de 200 personnes, militants syndicaux, associatifs, membres du RESF 13 (Réseau éducation sans frontière), manifestent à l’aéroport de Marseille-Provence contre l’expulsion de monsieur Douibi, père de deux enfants scolarisés à Marseille. Le renvoi est mis en échec.
Plus d’un mois après les évènements, Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille, militant syndical et associatif, est placé en garde à vue et doit comparaître le 20 avril à 14 heures devant le Tribunal Correctionnel d’Aix-en-Provence, pour " violence en réunion avec arme par destination ".

 

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Tag(s) : #Société
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