Samedi 14 juin 2014. « Comprenez-vous la grogne des cheminots ? », interroge le site d’un hebdomadaire qui n’aime les mouvements sociaux que lorsqu’ils sont impulsés par des patrons ; « Quelle galère ! » et « Ça suffit ! » titre à deux jours d’intervalle un quotidien populaire ; « ils [les grévistes de la SNCF] n’obtiendront rien de plus et ils auront perdu la bataille de l’opinion, abîmant un peu plus l’image du syndicalisme », prévoit avec assurance un quotidien de référence. Après le mouvement de mai-juin 2003, Gilles Balbastre et Pierre Rimbert avançaient l’hypothèse suivante : serait-ce « la désillusion sans révolte née de la morne réalité de leur travail qui inspire à tant de journalistes ce ressentiment envers [ceux qui] se rebellent encore ? »
Le mouvement de mai-juin 2003
Les médias, gardiens de l’ordre social
Les dogmes peuvent tuer. La réduction des dépenses publiques, priorité des gouvernements depuis vingt ans, a fragilisé le système de santé français, incapable de répondre aux conséquences de la canicule. Plus qu’ailleurs en Europe, des milliers de personnes âgées en sont mortes. Absente durant cette période, l’équipe du premier ministre, M. Jean-Pierre Raffarin, est en revanche omniprésente sur le terrain des mesures régressives frappant les enseignants, les intermittents du spectacle, les étudiants. Elle programme une troisième année de baisse des impôts pour les plus favorisés, censée relancer l’emploi. Alors que la détérioration de la croissance et l’augmentation du chômage sanctionnent cette obstination, le mécontentement social s’étend. Malgré le silence de certains médias.
par Gilles Balbastre et Pierre Rimbert, septembre 2003
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http://www.monde-diplomatique.fr/2003/09/BALBASTRE/10459
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