C : combien de vies devront encore être perdues en mer avant qu’on agisse vraiment ?
Communiqué de presse de Marie-Christine Vergiat députée européenne Front de Gauche
Depuis le 5 mai, ce sont au moins trois naufrages qui ont eu lieu en Méditerranée, à proximité de l’île de Samos en Grèce (29 morts sur 65 migrants cherchant à gagner la Grèce), près des côtes libyennes (78 migrants sont morts ou disparus sur un nombre inconnu de migrants) et pas plus tard que le 12 mai à 80 km de l’île de Lampedusa. Là, seuls 215 sur 400 ont été secourus, 14 cadavres ont été repéchés mais 170 migrants sont portés disparus.
En raison d’une météo clémente et de la situation anarchique régnant en Libye, les départs depuis les côtes de ce pays se sont multipliés ces dernières semaines, entrainant avec eux de « nouveaux drames ». En une semaine, près de 300 migrants ont perdu la vie en Méditerranée et/ou sont encore recherchés par les autorités maritimes.
Combien de morts faudra-t-il encore pour que l’Union européenne et surtout ses Etats membres changent de politique ? Après le « drame » de Lampedusa en octobre dernier qui a fait près de 400 morts, essentiellement Erythréens et donc potentiellement demandeurs d’asile, c’est pourtant ce qui a été promis. La Commissaire européenne aux affaires intérieures, Cécilia Malmström, a alors demandé que ce qui s’était alors passé à Lampedusa serve de réveil à plus de solidarité et de soutien mutuel pour empêcher que de telles tragédies arrivent dans le futur. Ces nouveaux « drames » ne font que prouver que les promesses sont restées vaines.
Ces déclarations comme celle des États membres sont restés des incantations.
Depuis des mois maintenant, les seules réponses des institutions européennes et des États membres en matière de gestion des migrations irrégulières sont celles du renforcement des contrôles aux frontières, de la coopération policière et sécuritaire avec les pays tiers d’origine et de transit et le processus dit d’externalisation de la gestion des migrations. On voit où cela mène : des morts et encore des morts !
Quand ces hommes, ces femmes, ces enfants seront-ils enfin traités comme des êtres humains ayant droit à la vie et à la dignité humaine !
L’UE et ses Etats membres ne peuvent poursuivre dans leur aveuglement face à des personnes qui fuient la misère et les zones de conflits et n’ont d’autre choix que de s’entasser dans des embarcations de fortune pour tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée.
Il est plus que temps d’offrir à ces migrants, à ces demandeurs d’asile la protection internationale à laquelle ils ont droit.
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