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La Sécu malade du manque de moyens

Humanité Quotidien
13 Mars, 2014
Santé

Baisse des effectifs et des moyens : telles sont les orientations gouvernementales en matière de protection sociale. Toutes les branches de la Sécurité sociale sont exsangues. La CGT tire la sonnette d’alarme.

La Sécurité sociale n’échappe pas à la cure d’austérité ambiante. La preuve avec les conventions d’objectifs et de gestion (COG) 2014-2017, qui définissent les objectifs et les moyens alloués par l’État à l’ensemble des organismes de Sécurité sociale pour une durée de quatre ans. À ce jour, aussi bien celles qui ont été signées (fin 2013 dans les branches famille et ATMP) que celles en cours de discussions (dans les branches retraite, recouvrement et maladie), toutes les COG conduisent « à mettre en danger le service public de la Sécurité sociale », alerte Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT en charge de la protection sociale. Et de développer : « Les orientations gouvernementales sont animées par un seul objectif : la diminution à tout prix des dépenses. » De fait, 500 millions d’euros d’économie de frais de gestion ont été inscrits dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014. « Il est demandé à l’ensemble des caisses le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux et une diminution de moyens de 10 à 15 % en quatre ans », traduit Éric Aubin.

Le syndicat a fait ses calculs. À la Cnamts (branche maladie), alors qu’en dix ans, plus de 16 000 emplois ont été supprimés et les frais de gestion réduits de plus de 10 %, « on est de plus en plus en difficulté pour répondre aux missions », lâche Jean-Michel Cano, conseiller (CGT) à la Cnamts, qui craint 5 000 suppressions d’emplois. Sachant que dans la branche ATMP, la COG signée en novembre 2013 prévoit « une diminution de près de 100 postes et des réductions des moyens touchant, pour la première fois, les équipes de préventeurs, ce qui contredit totalement les discours officiels sur l’importance de la prévention ».

À la Cnav (branche retraite), comme dans la branche recouvrement, il est demandé de supprimer 740 emplois alors même que l’État leur délègue de nouvelles missions. La CGT estime à 2 500 le nombre d’emplois qu’il faudrait créer dans la seule branche recouvrement.

Pourtant, «des solutions existent»

« Dans les Urssaf, ce qu’on appelle le taux de couverture des fichiers, c’est-à-dire le pourcentage d’entreprises contrôlées au cours d’une année, tend à baisser (11,63 % selon l’Acoss en 2012, au lieu de plus de 13 % auparavant). Alors même qu’il s’agit d’une opération rentable en termes de recettes pour la branche », illustre Pierre-Yves Chanu, vice-président (CGT) de l’Acoss (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale). « De plus en plus de retraites sont liquidées avec retard », alerte Jean-Louis Butour, administrateur (CGT) à la Cnav. Ce dernier estime que, pour remplir sa mission, la branche retraite aurait besoin « au bas mot » de 500 recrutements.

Même topo à la Cnaf (branche famille), où 2 000 suppressions d’emplois sont prévues d’ici à 2017, alors que 2 000 emplois ont disparu depuis 2005. « L’ensemble des caisses fonctionnent de manière dégradée, comment va-t-on pouvoir fonctionner demain ? » interroge Michel Coronas, administrateur (CGT) à la Cnaf, qui évalue à 4 000 postes les besoins de la branche. Et demande que soit renégociée la COG.

« On assiste à de véritables plans sociaux », estime Éric Aubin, soulignant au passage « la dégradation des conditions de travail des personnels qui, du coup, sont en difficulté pour répondre aux besoins des assurés ». Pourtant, « des solutions existent », estime la CGT qui propose une réforme du financement de la Sécurité sociale basée sur la modulation des cotisations employeurs. « Depuis la loi Juppé, plus de 25 000 emplois ont été supprimés au sein de la Sécurité sociale », rappelle Denis Lalys, secrétaire général de la fédération CGT des organismes sociaux. D’où ce cri d’alarme pour que cesse cette érosion.

Mobilisation unitaire le 18 mars. « Il y a une réelle volonté de se battre. Tous, nous serons dans la rue le 18 mars prochain. » Secrétaire général de la fédération CGT des organismes sociaux, Denis Lalys espère que cette journée de mobilisation permettra « d’être entendu » par le gouvernement. D’autant que tous les syndicats sont sur la même longueur d’onde. « C’est la première fois qu’on arrive à créer une intersyndicale complète dans le secteur. Blocage des salaires, suppressions d’emplois et conditions de travail… Nous sommes sur les mêmes lignes de revendication. »

Lire aussi :

Alexandra Chaignon

Documents à télécharger:

[4]

Les propositions de la CGT

URL source: http://www.humanite.fr/social-eco/la-secu-malade-du-manque-de-moyens-560981

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La Sécurité sociale malade du manque de moyens
Tag(s) : #Santé
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