« Nous voulons une CGT accessible et solidaire »
Le 65ème congrès de l’union départementale varoise CGT se tiendra du lundi 17 au mercredi 19 juin à Pierrefeu. Trois jours de débats, d’échanges et de réflexions pour une organisation syndicale que ses militants souhaitent « accessible, utile et solidaire ».
Rencontre avec Sylvain Brossaud, secrétaire général.
- Votre congrès départemental intervient quelques mois seulement après le congrès national, cela lui confère-t-il une dimension particulière ?
S.B. : « C’est un choix de l’union départementale de tenir son congrès dans la foulée du congrès national. Cela va donner la possibilité aux délégués varois d’examiner la manière de décliner les résolutions votées en mars à Toulouse. Ce sera un point d’appui dans les réflexions, comme ça l’a été au cours de la préparation de notre congrès. Nous y voyons en outre l’occasion de poursuivre un certain nombre de questions qui sont venues très fort. Comme celle, par exemple, de l’unité syndicale. Un débat s’est engagé au lendemain de la signature de l’ANI [accord national interprofessionnel, ndlr] par trois organisations dont la CFDT, avec qui nous avons clairement des divergences d’appréciation et de stratégie. La CFDT assume ses choix, la CGT doit en faire autant. Et réaffirmer les raisons qui l’ont conduite à ne pas approuver cet accord. L’une de ses conséquences est que des négociations d’entreprise pourront prendre le pas sur les conventions collectives nationales. Aussi la CGT se met-elle à la disposition des salariés pour les aider à s’organiser et les accompagner dans les négociations. »
- Quels seront les temps forts de ce congrès ?
S.B. : « Dans un premier temps, le rapport introductif va à la fois permettre d’observer si les engagements pris lors du 64ème congrès à Brignoles ont été mis en œuvre et de fixer les pistes de travail pour les trois années à venir. Nous tiendrons ensuite deux débats thématiques. Le premier portera sur le travail, question importante à l’heure où la bataille idéologique fait rage sur le coût du travail. Une notion faussée qui sous-entend que le travail a un coût. Nous considérons au contraire qu’il est créateur de richesses et qu’il s’agit de la valorisation de l’individuel et du collectif. Et nous posons quant à nous la question du coût du capital. Ces dernières années, la part du capital a été multipliée par dix quand celle des salaires n’a fait que doubler.
Nous aurons également un échange sur le syndicalisme et son avenir dans ce contexte de crise.
Puis nous aborderons un certain nombre de sujets sur la réindustrialisation : le maintien des activités en cours dans le secteur de la Défense, mais aussi la déconstruction des navires en fin de vie que nous nommons "éco-industrie". De ce point de vue, la CGT du Var est demandeuse de la tenue d’assises sur l’industrie et l’emploi et interpelle le préfet sur deux problématiques : "La rade toulonnaise a-t-elle une vocation industrielle ?" et le rôle particulier de l’Etat dans l’aménagement du territoire. Cela pose également la question du développement des services publics. A cet égard, le congrès va engager une journée d’étude spécifique sur l’acte III de la décentralisation et ses conséquences sur l’aménagement du territoire. »
- Quelle est votre analyse sur ce dossier ?
S.B. : « Les éléments du projet laissent présager une gouvernance à deux têtes : la Région et les métropoles. Nous craignons que la quasi-totalité des moyens soit captée par les métropoles. Avec un risque évident de creusement des inégalités entre les territoires, mais aussi entre les salariés qui les composent. La CGT est favorable à une décentralisation qui réponde aux besoins des populations et permette l’accès de tous les citoyens aux services publics. »
- Le congrès interviendra à la suite d’une semaine d’actions européennes, du 7 au 14 juin. Qu’en est-il dans le département ?
S.B. : « Cette semaine a été décidée par la CES [Confédération européenne des syndicats, ndlr] à l’appel des 80 organisations qui la composent, parmi lesquelles la CGT. Elle vise à dénoncer la politique d’austérité décidée par les gouvernements et à exiger un changement de cap. Nous considérons que la politique de désendettement à court terme nous envoie dans le mur et nous plonge dans la récession. Il faut au contraire relancer l’emploi et augmenter les salaires pour relancer la consommation et permettre une sortie de crise. Un temps fort aura lieu le 19 juin, qui se traduira par une manifestation nationale à Paris au moment où la secrétaire générale de la CES rencontrera François Hollande. Des manifestations se dérouleront en amont dans les départements. Dans le Var, le 13 juin donnera lieu à des initiatives des salariés de l’Energie, de la Fapt et des cheminots, avec des appels à la grève. »
ENTRETIEN REALISE PAR AGNES MASSEI
http://www.lamarseillaise.fr/zone-var/var-social/item/21068-nous-voulons-une-cgt-accessible-et-solidaire
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