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Article paru le 31 mars 2010 dans l'Humanité

 

Quand l’État brade 
la retraite des infirmières

Le gouvernement recule d’une semaine l’examen par les députés de l’article portant à 60 ans la retraite des infirmières. Devant le Palais Bourbon, elles ont crié leur opposition.

Blues chez les blouses blanches. Hier midi, 1 500 infirmiers spécialisés ont manifesté à l’appel de la CGT, la CFDT et SUD contre l’allongement de leur durée de travail. Ce rassemblement devait coïncider avec l’examen à l’Assemblée nationale de l’article 30 de la loi de rénovation du dialogue social, portant sur le passage des infirmières de la catégorie B à la catégorie A de la fonction publique, avec en contrepartie la retraite à 60 ans (au lieu de 55 ans actuellement) et la suppression de la catégorie active, qui reconnaît la pénibilité du travail. Mais l’UMP a reporté le débat à la semaine prochaine, en raison du grand nombre d’amendements déposés par l’opposition, PS et PCF.

« Ça nous laisse plus de temps pour préparer nos arguments. Si Mme Bachelot pense que c’est en déplaçant les débats qu’elle va affaiblir le mouvement, c’est raté  ! », assène Philippe Lamarche, responsable à l’UFMICT-CGT. Roland Muzeau, député PCF des Hauts-de-Seine, ne voit pas ce report d’un bon œil. « L’article sera examiné en “temps législatif programmé” (voir encadré), une règle de fonctionnement dangereuse de l’Assemblée nationale qui réduit le temps de débat des députés avant le vote. C’est antidémocratique  ! »

Même exaspération chez Jean-Marie Sala, secrétaire fédéral à SUD santé sociaux. « La ministre de la Santé y va à la hussarde sur la retraite des infirmiers. Plutôt que d’attendre le débat national sur les retraites, elle fait passer cet article en douce dans la loi de rénovation du dialogue social qui n’a rien à voir. » Face à ce mauvais coup, la résistance est féroce. Hier, les infirmiers anesthésistes diplômés d’État (Iade), doublement lésés par le projet de loi, étaient les plus nombreux dans la rue. Déjà en catégorie A de la fonction publique, les Iade perdent leur retraite à 55 ans. Sans même avoir obtenu la reconnaissance de leur diplôme à bac + 5. Calot sur la tête, Danielle est Iade depuis vingt ans au centre hospitalier d’Auxerre (Yonne). « Dans notre métier, on est réactif, on se tient déjà prêt pour la prochaine manifestation. » Une délégation a ensuite été reçue par les députés de l’opposition. Dans l’attente de connaître la nouvelle date de passage de la loi.

Cécile Rousseau

Tag(s) : #Retraites