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Premier janvier, la cure d’austérité s’annonce
 
Article paru dans La Marseillaise du mercredi 30 décembre 2009

 

A l'image du TGV de nombreux services augnentent leurs tarifs Photo ML THOMAS
A l'image du TGV de nombreux services augnentent leurs tarifs Photo ML THOMAS


Dès ce début 2010, entrent en vigueur des mesures qui vont comprimer le pouvoir d’achat du plus grand nombre des Français. Alors que les entreprises continuent à être favorisées par le gouvernement.


 

SMIC

. Le Smic est porté à 8,86 euros l'heure, soit 1.343,77 euros mensuels brut (quelque 1.056 euros net) sur la base de 35 heures hebdomadaires.
Pour le ministre des Affaires sociales, Xavier Darcos, cela « représente un gain net de pouvoir d’achat pour les salariés payés au Smic de 1,3 % puisque l’inflation sur la même période devrait être de 0,4 %".
Une affirmation contestée par les syndicats. Force ouvrière considère que « cette hausse insignifiante constitue une provocation à l’encontre des salariés rémunérés au SMIC qui sont déjà les plus fragilisés. » FO demande « une revalorisation significative du SMIC afin de contribuer au redémarrage économique et d’alimenter les négociations salariales dans les branches. »
La CGT remarque que pour « la troisième année consécutive », aucun coup de pouce n’est donné au SMIC qui augmente de « 3 à 4 euros nets par mois, pour un salarié à temps plein, soit 2 centimes de l’heure ». Le syndicat revendique « l’augmentation du Smic pour aller vers les 1600 euros par mois nécessaires à la justice sociale et à la croissance. » La CFTC juge « qu’un coup de pouce aurait été un geste politique fort et permettrait à plus de 3 millions de salariés de bénéficier d’une amélioration durable de leur cadre de vie »

RSA

. Le Revenu de solidarité active augmentera de 1,2%, à 460,09 euros pour une personne seule sans enfant.
Pour la Cgt, il « convient dès à présent de prendre les mesures pour cesser de maintenir les bénéficiaires des minima sociaux en dessous du seuil de pauvreté monétaire officiel, soit 910 euros mensuels ». La confédération revendique « que toute personne demandeuse d’emploi soit indemnisée sur la base de 80 % du Smic ».


SANTE


. Le Forfait hospitalier augmente de 16 à 18 euros.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a jugé qu’il n’était pas « illégitime qu'il y ait un rattrapage sur le forfait hospitalier", qui n'a pas été augmenté depuis trois ans. Elle rappelle que le forfait hospitalier couvre "les dépenses d'hôtellerie parce que l'Assurance maladie n'a pas à prendre en charge ces dépenses d'hôtellerie".
Selon la Cgt, la loi de financement de la sécurité sociale « confirme l’intention du gouvernement de faire payer plus les malades plutôt que d’améliorer la réponse aux besoins sociaux. ». La Cgt « estime que le choix à faire pour apporter des réponses à la situation financière de la Sécurité Sociale doit être celui d’une réforme de son financement qui favorise l’investissement dans l’emploi bien rémunéré ».
FO considère que « les comptes de l’assurance maladie sont mis à mal par la crise et non par les malades. Pourquoi s’en prendre aux plus faibles quand on voit bien que les responsables de la crise, traders, banquiers et spéculateurs, après avoir reçu des aides massives, recommencent leurs pratiques antérieures ? ».
Pour la CFDT, « cette mesure est injuste et inique. Elle va pénaliser les populations modestes déjà plus fortement touchées par la crise. Elle intervient dans un contexte où les plus fortunés bénéficient d’une exonération de la CSG via le bouclier fiscal. Elle fait peser sur les malades le creusement du déficit dont ils ne sont pas responsables ».
Les patients sont également touchés par une nouvelle vague de déremboursements qui concerne quelque cent dix médicaments jusqu’à maintenant remboursés à 35 %, ce taux baissant à 15.
. Hausse des tarifs des assurances complémentaires (mutuelles santé ou assurances privées). Les cotisations des mutuelles santé devraient augmenter d'au moins 3,9%.
"Les complémentaires santé ne peuvent faire autrement qu'augmenter leurs prix, car elles supportent de plus en plus de charges", a justifié Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité. Face à cette situation, la Mutualité appelle à "réorganiser notre système de santé" plutôt que de transférer des dépenses de l'assurance maladie obligatoire vers les complémentaires.
Rappelons qu’en 2008 plus de 30 milliards d’euros d’exonérations ont été accordées aux entreprises, soit approximativement autant que le déficit record prévu pour la Sécu en 2010.

SNCF

. Les prix des billets de TGV augmentent de 1,9% en moyenne le 5 janvier, une hausse supérieure à l'inflation.
La SNCF se justifie en évoquant une "évolution modérée" des tarifs, au "taux le plus bas depuis dix ans", pour répondre à la fois à la crise et à la "progression sensible (des) charges externes".
"C'est un mauvais coup pour le pouvoir d'achat des gens", estime Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs CLCV. "Et la SNCF oublie de dire qu'elle récupère une partie des péages qu'elle paie, en guise de rémunération pour l'entretien des voies", dénonce Arnaud de Blauwe, rédacteur en chef adjoint du magazine UFC-Que Choisir. "La hausse n'est pas négligeable et survient toujours à un mauvais moment", a-t-il ajouté.

FISCALITE

. La Taxe carbone se traduira par une hausse de 5,41 centimes par litre de gasoil et de 4,92 centimes par litre d'essence. Des compensations seront reversées aux particuliers. Cette taxe augmentera les tarifs du gaz : +3,14 euros/MWh pour le gaz naturel (soit une hausse de 7,6% par rapport au prix hors taxe). Cette taxe a été annulée par le Conseil Constitutionnel mais elle devrait être présentée sous une autre forme par le gouvernement.
Pour la CGT, il s’agit « d'un impôt injuste et inégalitaire. On diminue les impôts qui tiennent compte des revenus réels des ménages et on réintroduit de l'impôt indirect, sans discernement quant aux capacités des foyers à pouvoir modifier leurs habitudes s'agissant du transport, du logement". Selon FO, « l’intégration de la taxe carbone justifie une réforme de la fiscalité fondée sur le renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu pour garantir une politique de redistribution conforme au principe républicain d’égalité. »
. Suppression de la taxe professionnelle (TP) sur les investissements productifs des entreprises qui sera remplacée par une contribution économique territoriale (CET).
Selon les projections de nombreux économistes, avec la suppression de la TP, la part du produit des impôts locaux payés par les ménages passerait de 47 % à 70 %. Mouvement contraire pour les entreprises : alors qu’elles paient actuellement 26 milliards de TP, elle ne paieront plus que 18 milliards à partir de 2010.


Décryptage Christian Digne


http://www.lamarseillaise.fr/le-fait-du-jour/premier-janvier-la-cure-d-aust-rit-s-annonce.html
Tag(s) : #Politique