Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Brignoles : La statue du mineur a été  inaugurée devant près de 200 personnes

 

Pour la mémoire ouvrière

 

DSCN6131.JPG

 

Article paru dans La Marseillaise du samedi 23 octobre 2010

 

C’est devant une foule conséquente et émue aux rappels historiques, écrits par César Baroni, et lu par Patrick Paris, que la statue du mineur a été dévoilée en présence des élus,  d’Alain Simon, secrétaire général de l'union internationale des mineurs, et Alain Barier, secrétaire de la Fédération nationale mine et énergie et de nombreux militants de la CGT et du Parti Communiste Français. Cette statue, commandée par la Communauté des Communes des Comtes de Provence avec la participation du Conseil Général,  a été créée par Laurent Inquimbert et le socle en marbre (don de la famille Delfaux de la carrière du Candelon) a été travaillé par l'Atelier de la pierre d'angle.

L’attente a été longue depuis la fermeture en 1990 pour que la reconnaissance des « Gueules rouges » soit exposée à la vue de toute la population et des visiteurs. Brignoles peut être très fière des ouvriers qui ont travaillé au fond de chaque puits pour extraire la bauxite pendant plus d’un siècle. C’est Jean-Pierre Guercin, président de la communauté de communes en 2001, qui a lancé le projet à la demande du syndicat CGT des mineurs représentés par Guy Bosc et César Baroni.

 

« Une histoire qu’il nous appartient de transmettre »

 

 

Dans son intervention, Claude Paris, a rappelé que « le bassin minier mesurait alors 50 kilomètres de long sur 20 de large, s'étendait du Thoronet à Mazaugues et du Val à La Celle. Les puits étaient profonds de 150 à 170 mètres comme ceux du Pélicon à Brignoles, ou Henri-Gall à Vins sur Caramy ». Il a nommé les disparus lors des accidents : «  Gabriel et Antoine Giorsetti, le père et le fils emportés par une énorme venue d'eau. Léon Renaudo, Dominique Conte, Savério Barbier et Joseph Tosello, tous quatre disparus lors de l'éboulement de la mine de la Dérobade, en 1950 ».

 

Dans son intervention de Claude Gilardo, maire et conseiller général de Brignoles, a rappelé que « les mines sont le ciment de notre histoire, de notre patrimoine. Des millions de tonnes de bauxite extraites à la sueur des ouvriers qui descendaient parfois dès l’âge de 12 ans. Des courageux ! Des vaillants ! Des hommes qui méritent notre respect le plus humble parce qu’ils ont su traverser les océans d’incertitudes de notre société avec dignité ».

Il a notamment insisté sur les années de crise et les acquis sociaux : « Les années 70 et 80 laissent encore des traces dans les plaies ouvertes. Des images occupent nos consciences, des images de lutte, de manifestation et ce sentiment d’injustice et de frustration qui habite encore et toujours notre Cité. Les mines, c’est avant tout une histoire de travailleur. Ils ont dû se battre pour avoir le droit d’avoir un petit réfectoire cents mètres sous terre, pour faire couvrir d’une bâche le camion qui les transportaient aux puits de mines, pour installer des douches,…Les mines, c’est aussi l’histoire sociale  à tous, celle des congés payés, de la résistance, de la sécurité sociale et des retraites. C’est une histoire qu’il nous  appartient de transmettre et de préserver ».

Et de conclure : «  Les mineurs ont lutté pour que nous ayons le privilège de vivre dans une société qui considère les droits des travailleurs. Honorer leur mémoire est un devoir du citoyen ».

 

Une inauguration dont les liens avec les luttes et le mouvement social actuel ont été évidents. La mémoire ouvrière de Brignoles est toujours vivante.

 

L.C

 DSCN6133.JPG

DSCN6134.JPG

 

DSCN6151.JPG

Tag(s) : #BRIGNOLES