Carnoules-Gardanne : prendre le train en marche
Vice-président du conseil régional, Jean-Yves Petit était mardi à l'écoute des usagers. Il a évoqué le futur contrat de plan comme une chance à saisir. Mobilisés, encore et toujours, mais quelque peu désappointés, ceux qui prônent depuis plus de dix ans le rétablissement d'une ligne voyageur entre Carnoules et Gardanne notamment au sein de l'association Train avenir du centre Var.
Ils ont en effet la désagréable impression d'être promenés, d'une étude à l'autre sans que le dossier n'avance d'un mètre. Or, il faudrait moderniser 75 km d'une ligne classée stratégique sur laquelle évoluent actuellement, jusqu'à Brignoles, un train touristique et, au-delà, des convois de l'armée notamment.
Difficile donc, pour le politique, d'argumenter dans un tel contexte. Jean-Yves Petit, vice-président du conseil régional, en charge des transports l'a appris à ses dépens. Mardi, ses interlocuteurs ont tourné les pages d'un épais cahier de doléances centrées sur la défiance à l'égard des politiques de tous bords.
5 millions pour le transport régional
« Nous défendons ce dossier depuis douze ans et parmi nos membres, figurent des personnes âgées qui, au train où vont les choses, ne mettrons jamais les pieds dans un wagon sur cette ligne », a remarqué une adhérente de l'association.
L'élu régional n'évoluait donc pas en terrain conquis et sa marge de manoeuvre était limitée.
« L'actuel contrat de plan Etat - Région arrivera à expiration en 2 013. Le nouveau qui s'étalera jusqu'en 2 020 offre de réelles perspectives puisque 25 millions d'euros devraient être débloqués, 20 au titre de la LGV et 5 pour le développement du transport régional. Il ne faudra pas manquer ce train-là et nous devons donc lancer dès aujourd'hui l'étude de faisabilité ».
Une nouvelle étude ? Presqu'un gros mot dans l'oreille des interlocuteurs
« On ne les compte plus et la plupart ont été faîtes pour tuer le projet. Près de 650 millions d'euros, soit plus de 8 millions le kilomètre c'était le devis affiché en 2005. Un précédent en 2002, réalisé par Scetauroute qui est, par définition, un concurrent du chemin de fer, faisait état d'un investissement de 170 millions d'euros. Or, nous contestions déjà ces premiers chiffres. Tous ces rapports sont fantaisistes » s'indigne Jean-Claude Pernoud, le président de l'association.
L'argent et la volonté politique
Sur ce dossier, l'argent est sans doute l'un des nerfs de la guerre. Ce qui a incité Jean-Claude Pernoud à émettre l'idée d'un partenariat public-privé.
Mais beaucoup d'intervenants ont clairement dit : « on ne fera rien sans une réelle volonté politique ». Parce que l'ombre d'Horace Lanfranchi a plané sur ce débat.
Aux yeux de tous les participants l'engagement financier du conseil général apparaît une condition préalable au lancement de la nouvelle et incontournable étude.
« Le département nous a reçus et sa position est claire. La Région est en charge du transport ferroviaire, le département du transport routier... », a précisé Jean-Claude Pernoud.
Pour Alain Decanis, élu dans les rangs de l'opposition à Saint-Maximin, il existe deux logiques.
« Celle de la gestion avec la faisabilité, le phasage et aussi la logique politique. Depuis dix ans rien n'avance. Il nous faut réagir et agréger le plus grand nombre. Peut-être devrions-nous rassembler et manifester ? »
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