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BRIGNOLES : Claude Gilardo a adressé ses vœux aux personnels de l’hôpital Jean Marcel


«  Je serai toujours à vos côté pour défendre la Santé »


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Article paru dans La Marseillaise du samedi  16 janvier 2010


Lors des vœux devant les personnels de l’hôpital  Claude Gilardo, maire de
Brignoles et président du Conseil d’administration a fortement critiqué la politique de santé qui  entraîne tout droit vers une fermeture totale ou partielle à court terme de l’hôpital au nom de la rentabilité.

La santé est un bien précieux. Les personnes ont souvent  besoin, au fur au fur et à mesure que les années passent, de soins, de remèdes, et quelquefois d’interventions chirurgicales, du suivi des pathologies ….

Brignoles dispose des infrastructures indispensables pour répondre à ces besoins. Le Centre Hospitalier, a su au fil des années se doter du matériel indispensable avec un plateau technique (construction d’un service des urgences, construction d’un nouveau bloc opératoire avec une unité de stérilisation et de nouvelles salles d’accouchement, mise en place du scanner), se moderniser avec le renforcement de l’équipe médicale pour plus de qualité, se doter de services efficaces. Le Centre Hospitalier de Brignoles est le 3ème dans le Var dans la lutte des infections nosocomiales, il est dans le premier tiers sur le plan national.

 

Implication des personnels

 

Alors que la vague de froid faisait des siennes le 21 décembre dernier, les urgences de Brignoles n’ont-elles pas réussi à gérer 116 accidentés sur cette seule journée, dont 14 qui ont été admis au service de chirurgie orthopédique pour y subir une intervention. Et ce grâce à  l’implication des personnels du service public  qui ont été capable de s’adapter et de répondre aux besoins, en dépit des conditions difficiles.

Malgré l’accroissement de la population, la loi sur la réduction du temps de travail tant pour le personnel médical que paramédical, la gestion des risques et les nouvelles vigilances, et de nombreuses contraintes les objectifs ont été atteints.

 

« Nous avons besoin de vous » !

 

Claude Gilardo s’adressant aux personnels : « Vous avez su tisser des liens sur le territoire et améliorer la qualité des soins, que ce soit aux Urgences (hausse du nombre de lits), à la Maternité (738 accouchements en 2009 ) ou en Chirurgie (près de 3000 actes par an). Brignoles dispose de l’unique Centre Hospitalier dans le Centre Var, ce qui évite des trajets périlleux vers Aix, Marseille ou Toulon. Vous avez sauvé des vies. Et que dire de l’optimisation du plateau technique avec notre bloc opératoire qui est devenu le 1er bloc endoscopique de la Région PACA. Vous avez été au rendez-vous des patients et réaffirmer ainsi l’indispensable besoin d’un service public de la Santé sur notre territoire ».

Il s’interroge et s’inquiète sur l’avenir de l’hôpital : «  Que se passe t-il  pour que notre hôpital se trouve une nouvelle fois en difficulté ? En réalité si nos autorités de tutelle nous accordaient les dotations financières à la hauteur de ce qui nous est dû, sa « santé » financière serait bien meilleure. Nous sommes victimes de sous dotations budgétaires qui impliquent des déficits structurels dans notre hôpital public ».

Il donne les explications de cette situation politique : « En ces périodes où le libéralisme est roi, ou les agents de la fonction publique sont déshumanisés, où les critères de rentabilité font loi, où le chiffre en dépit de la qualité est l’indicateur essentiel, le fonctionnaire devient la cause de tous les maux et doit affronter toutes sorte de stigmatisations démagogiques. Nos plus hautes autorités ont décidé d’en supprimer un sur deux . J’ai dernièrement écrit à notre ministre de tutelle, en parfait accord avec notre nouveau directeur, pour lui exprimer nos craintes, nos inquiétudes justifiées. J’ai bien entendu, tenu notre députée au courant. Cette lettre date du 21 août 2009. A ce jour, je n’ai toujours pas eu de réponse. C’est dire le peu d’intérêt qu’elle nous porte et je dirais même, un aspect significatif du manque de la plus élémentaire des corrections. Six mois pour avoir un simple courrier d’attente. Au-delà des divergences politiques, comment avoir confiance en des autorités qui vous ignorent ? Comment avoir confiance en des autorités qui vous nient ».

 

Résister

 

Claude Gilardo appelle à s’opposer et à résister à ce démantèlement : « Ce n’est pas un drame dont nous devons être les observateurs fatalistes, c’est une véritable entreprise de démolition des services publics à laquelle il nous appartient de résister, voire de s’opposer. Nous voyons le résultat désastreux de ces décisions iniques. Notre hôpital est indispensable et nous devons tous le défendre. A l’heure ou nos plus hauts dirigeants sont pris d’une frénésie incompréhensible de suppression des tribunaux de commerce, des tribunaux d’instance et de nombreux bureaux de poste (tout en disant en même temps qu’il faut défendre le monde rural face à la suppression de pans entiers de notre économie), y compris avec la mise en difficulté de l’éducation nationale et de la santé, nous devons nous défendre, et nous sommes la première ligne.

Je tiens à le dire et à le répéter, il faut que nous soyons tous mobilisés. Et s’il le faut, nous sommes déterminés à renouveler ce que nous avons fait en 1993, c'est-à-dire une grande manifestation dans les rues, avec le corps médical en tête ».

Devant un personnel satisfait que le maire dise tout haut aux autorités ce qu’une grande majorité pense tout bas, il conclut : « Croyez-moi, je n’occupe pas la place de président du conseil d’administration de l’hôpital pour avoir une ligne de plus sur ma carte de visite, mais cette place me donne le droit et le devoir de vous tenir informé de la situation de l’hôpital. Le droit et le devoir de déclencher la sirène d’urgence. Nos services publics sont en danger. Il est hors de question de léguer à nos enfants et petits enfants un patrimoine commun déprécié. J’en fais la promesse à Madame Bachelot et ses exécutants. Croyez-moi, lorsqu’on a passé comme moi, 35 ans dans un service public, on devient très chatouilleux quand quelqu’un essaie de brader l’essentiel du socle républicain. Ces mots que je vous livre aujourd’hui sont ceux d’un homme convaincu et combatif. Je serai toujours à vos côté pour défendre la Santé, ce bien commun qui est au fondement du pacte républicain qui nous lie, au fondement d’un Contrat social juste et durable ».

 

Plus que jamais combatif, Claude Gilardo ne cèdera rien sur l’hôpital et les services, indispensables pour le bien être de la population et du pays.

 

L.C

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