:
Vous êtes dans le blog du Parti Communiste Français de Brignoles et des communes environnantes. Ce blog se veut être un espace d'informations, de documentation, de réflexion, de dialogue entre tous ceux qui veulent une alternative anticapitaliste, révolutionnaire et citoyenne en France.
Après le drameau Lycée Victor Hugode Béziers les enseignants débattent de la souffrance au travail.
Les professeurs et autres personnels du lycée (ZEP) Victor Hugo à Marseille se sont en toute solennité rassemblés jeudi dernier dans leur établissement et ont cessé
le travail durant une heure pour, peu après le drame de Béziers parler de la souffrance au travail et du suicide de leur collège. Leur première réaction a été la colère et l’indignation face aux propos du Ministre de l’éducation. « Nier le sens que peut avoir l’acte de notre collègue en
prétextant sa « fragilité » c’est pour l’institution refuser de prendre ses responsabilités et de s’interroger sur la gravité de la situation ». Les enseignants et personnels présents se sont ensuite exprimés sur ce drame et au-delà, sur la souffrance présente dans leur établissement, laquelle selon eux « est
bien souvent occultée, niée, négligée ou dénaturée par notre ministre mais aussi par les inspecteurs, chefs d’établissement, directeurs des ressources humaines et responsables du rectorat.
» « Nous avons témoignent-ils des classes difficiles. Nous avons des conditions de travail de plus en plus pénibles (classes chargées, de moins en moins dédoublées).
On nous complique la tâche, surtout depuis la réforme des lycées (classes éclatées, dispositifs peu clairs, mise en place de petits chefs, réunions nombreuses et imposées). » Par conséquent, de plus en plus d’enseignants évoquent leur mal être et insistent sur le fait que ce ne sont pas les élèves qui sont responsables de ce mal-être,
mais plutôt l’institution. L’équipe éducative du lycée Victor Hugo a relevé une série de problèmes qui se surajoutent à la réduction des moyens : la déqualification professionnelle, le grignotage
de la liberté et de l’autorité pédagogique, les injonctions paradoxales où l’on veut soit disant rendre l'autorité aux profs mais on conteste leur expertise en tant que travailleurs intellectuels
(par exemple en contestant des moyennes jugées « trop basses » en conseil de classe, jamais « trop hautes »). Décalage entre les discours et la réalité
Ils ont dénoncé le management agressif ou culpabilisateur. Comme le décalage entre les injonctions des programmes ou des discours officiels et la réalité observée
qui met en danger les personnels : « culpabilité, insécurité. C’est le syndrome France télécom : des objectifs impossibles à atteindre fixés par les chefs qui placent la personne en difficulté
professionnelle ». L'institution exige toujours plus d’eux, tout en donnant toujours de moins en moins de moyens. Les enseignants déplorent le trop peu de médecins du travail et
l’absence de visite médicale. Aucune enquête depuis 2002 sur les suicides dans l'éducation nationale. Pas non plus de chiffres sur les démissions de stagiaires. Aucune proposition d’aménagement
de fin de carrière pour les personnels proches de la retraite qui peuvent être fragilisés, suppressions des dispositifs de cessation progressive de l’activité. Face à cette situation, ils ont décidé de collecter, sur le lycée, les doléances et les constats des collègues concernant leurs conditions de travail.
C.W.
Article paru dans La Marseillaise du lundi 24 octobre 2011
Partager l'article !Après le drame au Lycée Victor Hugo de Béziers les enseignants débattent de la souffrance au travail:
Mal être, le sujet n’est plus tabou
...
Commentaires Récents