Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PCF : Cuisine politicienne ou urgences sociales ?

 


28 août 2009

Certains parlent d’alliance avec le Modem, d’autres dissertent sur d’éventuelles primaires pour arbitrer la course aux ego pour les présidentielles... On croit rêver ! Et pourtant, au regard des besoins et des attentes de notre peuple, ce ne sont pas les urgences qui manquent.

Pas de sortie de crise en vue

Car la communication gouvernementale a beau faire feu de tout bois pour tenter de faire croire qu’une sortie de crise se profile, la réalité est tristement différente : un français sur deux n’est pas parti en vacances, le nombre des demandeurs d’emplois continue d’augmenter dramatiquement (700.000 emplois détruits cette année) et le nombre de faillites d’entreprise prévues pour cette seule année devrait atteindre le chiffre record de 72.000, faute de crédit des banques pourtant secourues, elles, à grand renfort d’argent public.

Malgré les beaux discours sur la moralisation du capitalisme, les financiers en foire continuent de se partager tranquillement bonus et dividendes, et les principales entreprises du CAC 40 engrangent, tout en licenciant, des milliards de trésorerie pour mener à bien de nouvelles et juteuses fusions-acquisitions.

Nous vivons un moment d’une gravité historique, mais pour une partie de la gauche l’urgence est à la cuisine politicienne.

Le Modem, c’est la droite

Avec le Modem pour commencer. Une illusion qui consiste à vouloir faire passer François Bayrou, homme de droite historique et prétendant assidu au hochet présidentiel, pour un partenaire possible d’une véritable gauche de transformation sociale ? Balivernes ! Alors même que dans les discours comme dans les actes, le Modem soutien plus qu’il n’affronte les politiques libérales, la libre-concurrence et le tout marchand, par quel miracle pourrait-il œuvrer pour une alternative sociale, écologique et démocratique ? Inévitablement, comme l’a rappelé Marie-George Buffet , « un tel « rencentrage » ne pourrait aboutir qu’à affaiblir la gauche » et la possibilité d’une alternative authentique.

Primaires : le nivellement par le bas

Deuxième impasse, les primaires à gauche. D’abord, un tel projet conforterait la dérive de personnalisation de la vie politique française et remplacerait le débat démocratique de projet par un débat médiatique de personnes.

Alors même que nous avons besoin d’invention, de révolte, de dynamisme pour porter de vraies réformes populaires, ces primaires reviendraient à sélectionner la plus faible ambition commune face à une droite déterminée : loin de créer les conditions pour gagner, ce maigre viatique, pollué par les idées libérales, laisserait la gauche sans force, sans possibilité de dynamique.

A l’image de l’Italie où les primaires organisées par la gauche et le centre auront réussi le prodige de placer durablement au pouvoir la droite populiste berlusconienne et neo-fasciste, tout en rayant de la carte la gauche de transformation : plus aucun député de gauche ne siègent aujourd’hui au parlement italien. Quel succès !

A l’évidence, pour battre la droite, il faut incarner au travers de propositions concrètes, une vision de la France et du monde libérée des entraves, des gâchis, des violences du capitalisme financiarisé.

La gauche doit se ressaisir !

Ces réponses, c’est par exemple s’engager clairement à interdire les licenciements dans les entreprises bénéficiaires, c’est la création d’un pôle public bancaire, c’est de nouveaux droits aux salariés pour une gestion sociale et écologique des entreprises, c’est le choix des salaires contre celui de la finance, c’est la suppression du bouclier fiscal et le retour à une fiscalité progressive, c’est, au fond, affronter en France et en Europe les logiques libérales qui ont permis la généralisation de la précarité.

Se rassembler autour d’idées force, d’un vrai projet alternatif, voilà ce que les communistes ont commencé à mettre en oeuvre, avec d’autres, Parti de gauche, gauche unitaire, république et socialisme, et des milliers d’hommes et de femmes, en construisant un Front de gauche aux élections européennes.

Cette démarche de Front doit et va s’élargir. C’est pourquoi en cette rentrée, les communistes donnent rendez-vous à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans la construction d’un rassemblement vivant, créatif et déterminé. En ouvrant dès maintenant, à gauche, des ateliers sur des thématiques concrètes comme l’utilisation de l’argent, la réforme des institutions et une nouvelle façons de produire... Retrouvons-nous donc sans tarder ! A commencer par la Fête de l’Humanité qui se tiendra les 11, 12 et 13 septembre prochains, le grand rendez-vous social, politique et festif de la rentrée.

Quel sujet brûlant, relayé activement par les médias, anime les débats d’une partie de la gauche en ces temps de rentrée sociale et politique ?

S’agit-il de la crise dans laquelle le monde continue de s’enfoncer ? S’agit-il d’engager une démarche pour faire front commun face à toutes les contre-réformes que Nicolas Sarkozy met en œuvre, sur les retraites, la privatisation de La Poste, la destruction programmée de nombre de collectivités locales, pour défendre des libertés publiques toujours plus menacées ? Rien de tout cela.

http://www.bdr13.pcf.fr/Cuisine-politicienne-ou-urgences.html

Tag(s) : #Politique