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 Elections européennes : " Le Front de gauche, c'est nous tous !


Article paru dans La Marseillaise du lundi 27 avril 2009


 

Des citoyens des BDR dans le cadre d’une réunion publique sur le scrutin du 7 juin (Photo RT).
Des citoyens des BDR dans le cadre d’une réunion publique sur le scrutin du 7 juin (Photo RT).
Alors que la campagne des Européennes peine à démarrer, le Front de gauche laboure le terrain de la proximité comme jeudi dernier à Gignac-la-Nerthe, petite commune des Bouches-du-Rhône.

 


Aux antipodes des ricanements surmédiatisés de Rachida Dati, candidate UMP en Ile de France, les vrais enjeux de la campagne des élections européennes du 7 juin sont, a contrario, débattus dans les réunions publiques, au plus près des citoyens, par les animateurs du Front de gauche.


Et pour cause : constitué du PCF, du Parti de gauche (PG), fondé par le sénateur Jean-Luc Mélenchon, de la gauche unitaire (association créée par des membres du NPA en désaccord avec la ligne adoptée par le parti d'Olivier Besancenot pour les Européennes) et des militants du mouvement social et de la société civile, ce Front de gauche veut faire du 7 juin un grand moment de démocratie. Un défi alors que tout semble fait pour mettre au second plan ce scrutin.

Mais à un mois et demi de l'échéance, le découragement n'est pas de mise. La réunion publique qui s'est tenue jeudi soir à Gignac-La-Nerthe, petite commune des Bouches-du-Rhône de 9310 habitants, est à ce titre exemplaire d'une démarche axée sur la proximité. " Dans notre commune, le dernier débat sur l'Europe remonte à 2005. Deux gignacais sur trois avaient voté "non" au Traité constitutionnel européen (TCE). On sait depuis ce qu'en a fait le président de la République ! ", explique Alain Croce, conseiller municipal et élu à la Communauté urbaine. Ce postier de profession souligne le paradoxe entre " la crise que nous vivons et subissons " et le désintérêt des Français pour ces élections alors même que les choix européens conditionnent leur quotidien. " Nous sommes confrontés à des enjeux importants. Or peu de citoyens sont informés ne serait ce que de la date du 7 juin. Nous sommes là pour en débattre car nous souhaitons que le Front de gauche soit le plus large ". Dans la salle, les questions sont multiples notamment sur cette expérience, inédite, d'un Front de gauche " pour changer l'Europe ". Qui le compose ? Peut-il encore s'étoffer ? Quel est son avenir ?..


Hélène Le Cacheux, membre du bureau national du PG, en rappelle les contours. Outre les partis précités, ce rassemblement fédère des citoyens, tel l'Appel de Politis qui a décidé d'en faire partie. " La tête de liste dans le Sud-est, Marie-Christine Vergiat, est une féministe, militante des droits de l'homme. Il y a aussi parmi les candidats, Anne Mesliand, syndicaliste et universitaire. De
nombreuses personnes, souvent des militants de gauche issus de la base, ont décidé de nous rejoindre. Elles estiment que c'est leur outil. Que c'est avec ça que l'on va pouvoir changer les choses en Europe ". Et de résumer : " En fait, le Front de gauche, c'est nous tous ". Quant à son avenir, la jeune femme espère qu'il sera " pérenne " : " cette initiative lancée par le PCF a vocation à devenir
la force de tous les citoyens qui remet en cause, de façon crédible et avec l'envie de gouverner, le système capitaliste ". Quant à l'élargissement du Front, qui se veut populaire, il est ouvert à tous ceux qui refusent l'orientation du traité de Lisbonne, une ressucée du TCE refusé par les Français. " Nous sommes contre ce traité car il nous mène droit dans le mur. Il interdit toute harmonisation
sociale, ce qui provoque un tassement des revenus et des salaires qui a abouti à la crise financière et sociale. Rien n'est fait pour que l'Europe construise un avenir décent à tous les Européens ".


Pour Jean-Marc Coppola, secrétaire national du PCF en charge des questions européennes, " le 7 juin est la seule échéance politique majeure qu'il y ait en France en 2009. C'est une question de démocratie. Après les grandes journées de mobilisation du 29 janvier et du 19 mars et un 1er mai qui s'annonce historique, il serait dommage de se priver de ce moyen de vote. Il faut convaincre de l'utilité du bulletin Front de gauche pour redessiner une autre politique. Aujourd'hui, il y a un haut niveau de conscience mais pas forcément le lien avec le 7 juin ". Pourtant, rappelle à son tour Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF des Bouches- du-Rhône, " tout ce qui nous conduit dans l'impasse où nous sommes est inscrit dans des textes, des choix politiques ". Et de citer le cas emblématique de la réparation navale marseillaise et de la proposition alternative défendue par le PCF mais retoquée par le préfet au prétexte que " l'Europe ne voudra jamais” . " Si l'Europe interdit aux pouvoirs publics de soutenir une activité dont nous avons
besoin, on peut se demander si c'est de cette Europe là dont nous avons besoin. On est dans une logique de mise en concurrence d'un bout à l'autre de l'Europe ".


Pour la plupart des personnes présentes ce jeudi soir à Gignac-la-Nerthe, le 7 juin est " une étape ". Christian l'exprime clairement : " j'espère que nous ne nous arrêterons pas là car nous sommes en train de labourer un espoir ".

Reportage
Françoise Verna

http://journal-lamarseillaise.com/le-fait-du-jour/le-front-de-gauche-cest-nous-tous.html
Tag(s) : #Elections européennes 2009