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Mayotte : Après une consultation imposée au mépris du droit, la France doit agir en faveur du développement de l’ensemble des iles Comoriennes !






- Une départementalisation contre le droit international
- Des murs entre les personnes ou coopérer ?
- La France doit s’investir dans les quatre îles


30 mars 2009

Une départementalisation contre le droit international

Le 29 mars avait lieu à Mayotte une consultation portant sur la départementalisation de l’île. Comme la plupart des Français, c’est dimanche soir aux informations que vous avez appris que la France compterait maintenant 101 départements. En réalité, cette consultation constitue un coup de force au regard du droit international. Comme l’a affirmé sans cesse l’ONU depuis l’accession à l’indépendance, les Comores sont constituées de quatre îles, dont Mayotte, illégalement occupée par le France. Les Comoriens des quatre îles sont d’un même peuple, avec une même langue, une même culture, une même histoire… C’est pourquoi les Comoriens qui sont retenus dans des conditions indignes de notre république au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Mayotte ne sont pas des étrangers, ni des clandestins. Il ne peut y avoir de règlement de la question Comorienne par l’annexion, la séparation, la répression.

Des murs entre les personnes ou coopérer ?

La départementalisation imposée au pas de charge par Sarkozy va dresser un mur entre des hommes et des femmes d’un même peuple, en coupant davantage encore Mayotte de l’archipel des Comores. De plus, les évènements intervenues en Guadeloupe et à la Martinique montrent que la voie de la départementalisation ne s’impose nul part comme la voie indispensable pour dénouer les rapports coloniaux et assurer le développement. Pour le PCF, cette consultation s’est tenue au mépris du droit et de la raison. Aucun débat digne de ce nom n’a eu lieu en France, ni même à Mayotte où un verrouillage inquiétant du débat s’est fait sentir, avec tous les moyens en faveur des partisans du Oui. Les réseaux et les méthodes françaises qui ont grandement contribué à déstabiliser toute la zone et à en entraver le développement y sont puissamment ancrés et sévissent encore.

La France doit s’investir dans les quatre îles

Pour le PCF, il faut substituer à la balkanisation actuelle un développement nouveau de la coopération. La France a certes des devoirs envers les Mahorais, mais elle en a tout autant à l’égard de l’ensemble de Comoriens. Sans nier les responsabilités particulières de la France à Mayotte, notre pays et l’Europe doivent peser de tout leur poids pour des investissements sur les quatre îles en matière d’éducation, de santé, et en matière de développement. C’est là une conception réellement progressiste du rôle de la France et de l’Europe dans le monde. C’est la voie de l’avenir, de la paix et de la fraternité.


Des citoyens de seconde zone ?


Si les habitants de Mayotte ont plébiscité cette départementalisation, c’est que les promesses n’ont pas manqué. Dans un rapport, le sénat français avoue qu’il y aura loin de la coupe aux lèvres. Extraits de ce rapport : « … il ne parait pas envisageable que les habitants de Mayotte disposent immédiatement de l’ensemble des transferts sociaux en vigueur dans les départements de la métropole… »

Les 18, 19, 20 et 21 mars, une délégation du PCF composée de Jean-louis le Moing, membre de l’exécutif national du PCF et Eliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, s’est rendue aux Comores. Sur l’île des Grandes Comores, la délégation a pu rencontrer les plus hautes autorités du Pays, dont le Président Sambi, mais aussi les partis d’opposition ainsi que de nombreux acteurs et actrices de la société civile. A Mayotte, la délégation a rencontré des responsables d’associations engagées en faveur des migrants et a visité le centre de rétention administrative (CRA) de sinistre renommée de Pamantzi.


Tag(s) : #Politique