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Médias - Article paru le 30 mars 2009 dans l'Humanité

 

Les lecteurs de l’Humanité sont des agitateurs d’idées et combatifs !



Les lecteurs de l’Humanité sont épatants. Plus la situation est difficile, plus ils resserrent les rangs autour du journal, plus ils sont combatifs. Et plus ils débordent d’idées pour tenter de sauver le journal. Rassemblée, samedi, au siège du journal, à Saint-Denis, l’assemblée générale de l’association a pris la mesure de la gravité de la situation pour nos deux titres. Et a décidé de huit mesures (voir encadré ci-contre) pour essayer, avec ses moyens, d’enrayer cette crise.


Henri Malberg, président de l’association, a d’emblée donné le ton. Oui, la crise de

la presse est internationale, oui, elle touche de grands titres, aux États-Unis, en Espagne ou en Europe. Mais pour l’Huma, déjà fragile économiquement, la situation est « grave, dangereuse et nouvelle ». Oui, l’Humanité, dans son histoire, a déjà failli disparaître, mais jamais une telle « convergence de problèmes » ne s’est abattue sur elle. Il manque « 10 000 abonnés à l’Humanité Dimanche et quelques milliers de lecteurs au quotidien » pour assurer la meilleure pérennité possible des titres : leurs lecteurs. Et si le journal dispose de forces pour y parvenir : dans ces temps troublés de crise économique, il peut aider à décrypter le quotidien, donner des forces aux « forces progressistes », tous azimuts et sans a priori.


Ses forces, les lecteurs les égrènent. En se félicitant déjà de la qualité des deux titres, l’Humanité et l’Humanité Dimanche. Et des progrès rédactionnels qui ont été réalisés dans la dernière période. Michel Ribes, du Parti de la gauche et lecteur assidu du journal, s’étonne de son écho chez les jeunes militants, lorsque le journal leur tombe entre les mains. « Il y a un divorce entre la qualité du journal et le nombre de ses lecteurs », se désole-t-il, en appelant à se tourner davantage vers les jeunes et vers les femmes. Pour Michèle Guzman, responsable de la presse au Parti communiste, ce journal militant « agitateur d’idées » fait tellement partie « du paysage et de l’histoire », il a tellement traversé de tourmentes qu’on a, inconsciemment, l’idée qu’on « trouvera toujours une solution ». Le journal est « un outil de réflexion », qui fait « appel à l’intelligence des gens ». Ce qui est plutôt rare. Elle donne en exemple le débat sur le référendum, en 2005, et pense que, dans le cadre de la crise économique et dans la campagne des élections européennes qui s’ouvre, les deux titres pourraient jouer le même rôle. Jean-Louis, syndicaliste retraité à la SNCF, renchérit : « C’est le seul quotidien qui décrypte les luttes sociales et les enjeux. » Patrick Le Hyaric, directeur du journal, cite, dans la dernière période, les grandes batailles où se sont engagées les deux titres : Gaza, où des unes de l’Humanité ont été brandies dans des manifestations, le conflit social en Guadeloupe et en Martinique, le mouvement social… Tout cela avec des moyens bien inférieurs, et le mot est faible, aux autres journaux. Les 19 départs en retraite et les 4 démissions non remplacées, la faiblesse des effectifs et

la non-augmentation des salaires depuis deux ans créent d’ailleurs de l’émotion dans la salle.


Comment remédier à tout cela ? Loin de se laisser abattre, les lecteurs redressent la tête. Ils font part de leurs expériences : Jean-Marie Baty, de Seine-Saint-Denis, raconte comment il a gagné près de six cents adresses de lecteurs potentiels lors des dernières élections municipales et cantonales. Lounis Ibadioune appelle à développer « les initiatives et les débats » autour des titres. Victor Sandoval rappelle le rôle essentiel d’Internet, notamment chez les jeunes, et propose d’organiser des mini-débats en ligne. Michèle Guzman traduit bien le sentiment général en soulignant que « nous ne sommes pas assez fiers » de ces titres. Fiers pour les porter sur le devant de la scène, largement. Ont été adoptées, à l’unanimité, les huit propositions de travail de - l’assemblée générale. Comme le soulignait
Patrick Le - Hyaric, « il faut croire aux - batailles qu’on lance ». Et les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne mène pas.


Caroline Constant

Tag(s) : #Médias