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Le PS cherche à contrer Besancenot

COMMENT contrarier l’ascension du facteur ? Le PS s’interroge et peine à trouver une parade au phénomène Olivier Besancenot, qui tient ce soir un meeting à la Mutualité, à Paris, sur les 40 ans de Mai 68. En coulisse, certains dirigeants socialistes commencent même à s’inquiéter de la montée en puissance du postier de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Et le futur parti anticapitaliste en cours de constitution, poussé par Besancenot, est aujourd’hui perçu comme une menace bien réelle.

Preuve que l’actuel porte-parole de la LCR est désormais pris au sérieux, Ségolène Royal a accepté pour la première fois de débattre avec lui. La rencontre s’est déroulée mardi après-midi dans les locaux de l’hebdomadaire « Marianne », qui publiera le compte rendu dans son prochain numéro. Selon les estimations du PS, la LCR peut aujourd’hui tabler sur un potentiel électoral d’au moins 10 %. Considéré dans les sondages comme la troisième personnalité de gauche la plus populaire, derrière Delanoë et Royal mais loin devant Hollande ou Fabius, l’admirateur du Che est ainsi en passe de réussir son pari : remplacer le Parti communiste et s’installer durablement comme « une alternative possible » au PS.

« Empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche »

Signe d’une certaine préoccupation, le premier secrétaire François Hollande a demandé à Daniel Vaillant, le député de Paris, de prendre la tête d’un « groupe de réflexion » réunissant quelques anciens trotskistes reconvertis : Julien Dray, Henri Weber ou encore Jean-Christophe Cambadélis. La lettre de mission est claire : « Trouver les moyens efficaces d’empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche », selon Daniel Vaillant.

Pour l’heure, les socialistes en restent au stade de la dénonciation. « Olivier Besancenot est l’instrument d’une manoeuvre de la droite », assène Vaillant qui prône la fermeté : « Il faut démystifier Olivier Besancenot. Son ni ni bénéficie à la droite. » Une parade classique qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu, selon le secrétaire national Razzye Hammadi. « Il n’est ni ringard ni dépassé : Besancenot n’est pas l’idole des bobos mais il a pénétré les couches populaires », estime l’ancien président des Jeunes Socialistes, qui appelle son parti à ne pas minimiser « l’effet Besancenot » : « Tant que le PS ne se réappropriera pas le discours sur une meilleure répartition des richesses, le postier prospérera. »

Eric Hacquemand

Le Parisien , vendredi 30 mai 2008

Tag(s) : #Politique