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Actus humanite.fr 30-04-2008

Reprise du travail à La Redoute

Les salariés de La Redoute, mobilisés depuis près d’un mois dans l’agglomération lilloise pour réclamer des hausses de salaires et l’embauche d’intérimaires, ont repris le travail mercredi, après la signature par trois syndicats d’un accord prévoyant des avancées limitées.

Entre 150 et 200 salariés, réunis en assemblée générale, ont décidé de "suspendre le mouvement, sans défaitisme aucun et avec l’idée qu’on a fait le maximum", a déclaré le délégué CGT Jean-Christophe Leroy.

"On n’était pas dans un mouvement moribond, mais malgré tout, vu la situation, ça nous semblait plus juste de suspendre l’action", débutée le 1er avril, a-t-il précisé.

La veille, trois syndicats (CFDT, CFTC et Sud) avaient signé un "accord majoritaire de fin de conflit" avec la direction, faisant voler en éclats l’intersyndicale.

La CGT, FO et l’UPAR avaient en effet décidé de ne pas parapher le texte, suivant l’avis de l’assemblée générale qui avait "voté unanimement contre les propositions de la direction et pour la reconduction du mouvement".

Alors que l’intersyndicale réclamait 150 euros d’augmentation salariale, l’embauche de 300 intérimaires et le paiement des jours de grève, l’accord prévoit une hausse moyenne de la rémunération des agents opérationnels de 45 euros et l’embauche de 50 intérimaires sur le site de la Martinoire à Wattrelos (Nord).

"Les propositions qui nous ont été faites sont insatisfaisantes, mais après quatre semaines de conflit, il faut savoir prendre ses responsabilités, savoir trouver une solution qui permette de limiter la casse", a estimé le délégué Sud Grégory Caron, en avançant qu’une "majorité de salariés leur avait demandé de signer".

La "juridiciarisation du conflit" avait changé la donne, selon lui. Le tribunal de Lille, saisi par la direction, menaçait les salariés d’une amende de 150 euros par jour en cas de non-levée du blocage - total depuis jeudi - du site de la Martinoire, qui assure la quasi-totalité des envois de colis.

La signature a surpris certains salariés car leur mobilisation restait forte. Pour la CGT, "il y a une certaine déception du non-respect du vote de l’AG de mardi matin. Sa décision a été bafouée". Si l’intersyndicale avait tenu un jour ou deux de plus, "cela aurait permis d’obtenir plus d’avancées salariales", notamment pour les bas salaires qui après la deuxième augmentation du Smic en juillet "ne seront que 10 ou 12 euros au-dessus".

"Malgré tout, on n’est pas sur un résultat nul, loin de là", a souligné le délégué CGT Jean-Christophe Leroy, en se disant "ni déçu ni amer".

Tag(s) : #Politique