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Politique - Article paru le 29 avril 2008 dans l'Humanité

Retraites : la bataille est lancée

annuités . Le gouvernement veut imposer 41 ans de cotisations à une opinion majoritairement hostile. Le ministre Xavier Bertrand consacre tous ses efforts à escamoter le débat.

Le document remis hier aux organisations syndicales par le ministre Xavier Bertrand est une bombe. Présenté comme un « ensemble équilibré » issu des concertations qu’aurait menées le gouvernement, le texte entérine en fait une nouvelle régression grave des droits à la retraite. Il ne retient que ce qui avait été décidé à l’avance par Nicolas Sarkozy en partenariat avec le MEDEF, c’est-à-dire pour l’essentiel l’allongement de la durée de cotisation et l’encouragement à travailler plus vieux. La seule mesure de financement annoncée est un « redéploiement au sein de la protection sociale ». Faire passer ces décisions pour un règlement d’avenir du problème des retraites relève de l’escroquerie pure et simple.

Tous concernés

Voilà pourquoi l’Humanité a décidé la publication intégrale et commentée de ce texte. Il faut le faire connaître, le faire circuler, ouvrir partout le débat sur ses conséquences et ses incohérences. Nous mettons également ce texte en ligne sur notre site Internet afin d’en favoriser la diffusion et la discussion. Hier, le titre de une du Figaro donnait le ton : « Xavier Bertrand lance la bataille des 41 ans ». Celui du Parisien et d’Aujourd’hui en France aussi, mais pour cette fois remarquer que sur le sujet « Les Français sont divisés ». Le journal publie un sondage CSA dans lequel 48 % des Français (contre 46 %) et 53 % des moins de 30 ans sont opposés aux 41 années de cotisation. Le gouvernement veut passer en force, sans débat, parce qu’il est en difficulté dans l’opinion. Il sait qu’une explication franche déboucherait presque à coup sûr sur une très large mise en minorité de ces propositions, chez les salariés du privé comme du public, car cette fois il ne pourra jouer l’opposition entre les uns et les autres : tous sont concernés. Tout va donc être fait par le gouvernement pour escamoter le débat, tout en abusant de mots sur la concertation. Faire la clarté suppose dans ces conditions de prendre en charge ce débat public refusé aux citoyens et aux salariés, en déployant pour cela l’information et l’explication maximum.

Pour ouvrir le débat

L’initiative que nous prenons est au service de cette démarche de transparence et de démocratie. Notre ambition est de contribuer dans le même mouvement à un débat de propositions alternatives. Car non seulement le plan gouvernemental est régressif mais il ne résout de surcroît aucun des problèmes posés. C’est un plan nocif socialement et économiquement à très courte vue. Dans un mois de mai qui s’annonce chargé de mobilisations, nous souhaitons concourir à faire émerger de cette effervescence des solutions nouvelles.

Pierre Laurent

Tag(s) : #Politique