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Société - Article paru le 29 novembre 2007 dans l'Humanité

jeunes correspondants

Universités. Menaces sur les filières non rentables

Cintré (Ille-et-Vilaine).

La loi Pécresse sur les universités, votée et acceptée suite à un pseudo-dialogue avec les syndicats étudiants pendant les vacances d’été 2007, n’a pas fini de faire des vagues. Tout d’abord, où sont les millions d’euros promis par Valérie Pécresse aux universités ?

Nous voulons conserver et même accentuer le rôle que l’État doit jouer dans le financement des facultés, et non un désengagement de ce dernier au profit de capitaux privés. L’idée de faire intervenir les entreprises pour apporter des capitaux aux universités n’est sûrement pas la solution pour revaloriser leurs statuts aujourd’hui puisque ce sont les entreprises qui choisiront les facultés dans lesquelles il est bon d’investir au détriment d’autres, notamment celles plus littéraires et artistiques.

C’est aussi une manière d’accroître et d’élargir le pouvoir des actionnaires, mais cela répond à une des logiques du gouvernement. Les facultés qui sont aujourd’hui plus cotées que d’autres en France bénéficieront de davantage de moyens par rapport à celles qui le sont moins. Cette réforme, qui ne dit pas clairement que ce procédé est une manière de supprimer des filières, le laisse entendre implicitement.

Les universités doivent rester publiques, pour que tous les étudiants continuent à bénéficier d’un enseignement et de moyens qui sont équivalents pour tous. S’il y avait eu une réforme des universités à faire, elle aurait dû consister à accentuer le suivi de chaque élève rentrant à l’université et à augmenter les moyens financiers qui proviennent des caisses de l’État et non des poches des actionnaires.

De plus, le président de l’université pourra désormais être, par exemple, un PDG d’entreprise partenaire de l’université. Nous nous opposons à une université à deux vitesses : les universités dans lesquelles les entreprises investiront et, qui, par conséquent, permettront une formation de qualité et les universités jugées non rentables par les entreprises qui, elles, seront confrontées à un manque évident de moyens ! Pour contrer cette réforme qui contient toutes les prémices d’une éducation post-bac qui ne sera plus égalitaire pour tous, il faut se mobiliser en masse au plus vite de - façon à faire fléchir le gouvernement et sa politique - libérale.

Olivier Gaillet,

Tag(s) : #Politique