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Politique - Article parudans l'humanité
le 30 août 2007
 

POlitique / social - économie

Graver dans le marbre la liberté d’entreprendre

MEDEF . Lors de la journée d’ouverture de la 9e université d’été de l’organisation patronale, dans les Yvelines, Laurence Parisot a demandé beaucoup de réformes, toutes en même temps.

Thé du Palais ou café Richard ? À discrétion, bien sûr. À moins qu’une collation glacée Häagen-Dazs ou qu’un bon Chivas, tout aussi généreusement offerts soit préférés ? Hier, les chefs d’entreprise avaient le choix du mets, entre les interventions « d’invités du monde », Alpha Omar Konaré, président de la commission de l’Union africaine, et l’écrivain indien Shashi Thadoor, venus parler au patronat français de la pauvreté dans le monde. Pour éviter que la - pauvreté se mondialise, l’Africain révoque « la charité » et plébiscite « la solidarité et la justice ». Il plaide pour un « changement des règles du jeu mondial » pour que les habitants ne soient plus de « simples figurants ».

La planète pour terrain de jeu

À l’autre bout du campus HEC, dans les Yvelines, où se déroule jusqu’à vendredi la 9e université d’été du MEDEF, un grand patron explique qu’il est bien normal que la rémunération des gestionnaires de fonds d’investissement soit « très attractive ». Tout juste, pointe Daniel Bouton, PDG de la Société générale, « nous connaissons le risque politique de ces hedge funds car l’opinion publique croit que le monde financier se déconnecte de l’économie réelle ». Deux mondes qui se côtoient mais ne se rencontrent pas.

Laurence Parisot veut pourtant y croire. Le terrain de jeu de la présidente du - MEDEF, pour ce traditionnel rendez-vous patronal de fin d’été, c’est la planète. Non pour inciter les entreprises à partager leurs gains avec les pauvres du monde, mais pour marteler qu’il « faut cesser de nous admirer entre nous ». Derrière les formules dont elle a le secret, le message est clair : la France doit s’adapter aux règles de la concurrence mondiale. Hier, la patronne des - patrons a occupé les ondes, histoire de donner des idées à Nicolas Sarkozy, dont l’intervention, aujourd’hui, est très attendue. « C’est un encouragement pour les chefs d’entreprise que le président de la République vienne à leur rencontre car il leur dit qu’il veut mettre l’économie au coeur de sa vision du pays », a-t-elle répété tout au long de la journée. Elle veut que cessent les politiques de « relance de la consommation », qu’elle qualifie de « tiercé perdant » des dernières décennies. La présidente du MEDEF entend bien profiter de la fenêtre de tir politique ouverte avec l’élection de Nicolas Sarkozy pour obtenir une « politique de l’offre » qui, en fait, stimule la production des entreprises. Sa « révolution stratégique » passe donc par des mesures supplémentaires de baisse du coût du travail.

ne plus pénaliser les entreprises

Mais elle avance aussi franchement sur le terrain de la « liberté » pleine et entière qui devrait être accordée aux employeurs. Pas de contraintes. « Ils sont les mieux à même de décider de ce qui est bon pour l’entreprise. » Le MEDEF souhaite que la liberté d’entreprendre soit inscrite dans la Constitution, « comme en Espagne ». La liberté de licenciement, elle, sera l’objet de la bataille patronale lors des négociations avec les syndicats sur l’évolution du contrat de travail. Le MEDEF prône aussi la « liberté » de travailler plus longtemps, en proposant de repousser l’âge de départ en retraite à soixante-deux ans. « Il est temps d’en parler. On ne peut pas garder l’âge l’égal de départ à soixante ans », a lâché Laurence Parisot. Beaucoup de - réformes, et toutes en même temps, pour ne plus « pénaliser » les entreprises. Les patrons se savent écoutés. En cette période de vents favorables, ils font état de leur puissance. 4 000 chefs d’entreprise sont attendus à Jouy-en-Josas. C’est un record d’affluence.

Paule Masson

Tag(s) : #Politique