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Gauche Européenne Graziella Mascia : Une gauche qui doit apprendre à se réinventer

 

 

Le discours du Président de la Chambre a été la tentative de définir une unité non abstraite de la gauche, qui serait une fin en soi, qui naîtrait vaincue, perdante. Mais il a esquissé la nécessité d’une unité qui parte d’une sévère et impitoyable analyse. Qui parte de la nécessité pour la gauche de se réinventer, sous peine de disparaître.

de Graziella Mascia traduit de l’italien par Karl&Rosa

Graziella Mascia s’est rendue avec Bertinotti à Berlin, au congrès de Die Linke. Là aussi, elle l’a écouté, avant l’intervention de dimanche au Palafiera de Rome.

Et comment te sont apparus ces discours?

Vraiment très importants. Une analyse lucide des problèmes, des risques dramatiques devant lesquels nous nous trouvons. Une analyse lucide et une indication explicite : quand il a sollicité, quand il a introduit la "hâte" dans la construction d’une nouvelle subjectivité unitaire de la gauche. "Hâte" pour dépasser les hésitations, les inquiétudes. Qui me semblent certes légitimes mais peuvent devenir un risque. Qui pourraient nous faire manquer un rendez-vous important.

Excuse ma franchise : mais les hésitations, les perplexités auxquelles tu fais allusion se trouvent-elles aussi dans les rangs de Rifondazione?

Je te répondrai non si c’est à moi que tu le demandes. Mais je te répondrai aussi non si tu me demandes d’"interpréter", disons, les paroles de Bertinotti. Je crois qu’il s’adressait à tous. Avec son autorité je crois qu’il voulait vraiment parler à toute la gauche.

Beaucoup d’observateurs ont cependant noté le contraire. Ils ont dit et écrit que les destinataires de cette invite à "se jeter à l’eau" se trouvaient peut-être justement dans Rifondazione.

Cela me semble réducteur, ce n’est pas comme ça. Il me semble au contraire que la partie la plus importante du discours du Président de la Chambre a été la tentative de définir non pas une unité abstraite de la gauche. Qui serait une fin en soi, qui naîtrait vaincue, perdante. Il a, au contraire, esquissé la nécessité d’une unité qui parte d’une sévère et impitoyable analyse. Qui parte de la nécessité pour la gauche de se réinventer, sous peine de disparaître.

Quoiqu’il en soit, il a demandé d’accélérer le processus de construction d’un nouveau sujet. Bertinotti n’est pas entré dans les détails du "comment" construire ce nouveau rapport à gauche. Il a dit qu’on trouverait les formes chemin faisant. Tous ensemble. Et qu’elles ne se discuteraient pas assis autour d’une table, mais dans le vif d’une confrontation, au cœur d’une nouvelle période de luttes. Il a, je te répète, insisté sur les contenus, il a effectué une analyse très lucide des risques auxquels la droite expose l’Europe. Des risques qu’encourt la gauche. Il a envoyé un signal pour que tous contribuent à dessiner cette nouvelle gauche.

Mais, en somme, a-t-il demandé, oui ou non, de commencer dés à présent à dépasser la Gauche européenne?

Non, ce n’est pas vrai. C’est même une façon erronée d’interpréter les paroles de Bertinotti. Qui ne les a pas prononcées par hasard justement là, au Palafiera. A l’Assemblée constituante de la nouvelle formation. Bien sûr, il a dit – comme tant d’autres – que ce qui a commencé hier est la mise en route d’un parcours qui ne doit pas être "fermé". Ce n’est qu’un début. Mais ce serait forcer son discours – et cela ne sert personne – que de dire qu’il a demandé le dépassement de la Gauche européenne. Qui est et demeure notre référence internationale. Et c’est avec ce bagage – politique, culturel, d’innovation – que nous irons à la rencontre, à la rencontre unitaire des autres forces de la gauche. Même de celles qui se situent autrement que nous.

s.b.



De : Roberto Ferrario
vendredi 29 juin 2007

Tag(s) : #DEBAT après le 17 juin 2007