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Législatives : c’est parti ! (PCF)

La présidentialisation du régime vide la démocratie de sa substance. « Nous ne pouvons pas espérer contrecarrer le projet des forces du capital uniquement à la bataille présidentielle. Avec les luttes sociales, ces deux échéances forment un tout. C’est pourquoi j’appelle nos candidats aux élections législatives à entrer en campagne dès le mois de janvier pour faire de l’indispensable révolution démocratique une question centrale. » Pierre Laurent

Les élections législatives auront lieu les 11 et 18 juin 2017. Pour les communistes, ce n’est pas la bataille « d’après », c’est une campagne qui commence maintenant. Entretien avec Pascal Savoldelli, responsable du secteur Elections.

QUESTION BASIQUE : ÇA SERT À QUOI DES CANDIDATS COMMUNISTES AUX LÉGISLATIVES ? ET POURQUOI EST-CE QU’IL FAUT DE TELS CANDIDATS ?

PASCAL SAVOLDELLI : Je vois trois bonnes raisons. Un : Sur des questions essentielles comme l’emploi, la protection sociale, le pouvoir d’achat, les services publics… des millions de gens ont besoin qu’on les défende, qu’on les défende politiquement. Car c’est un véritable recul de société que nous concocte Fillon. Sans imaginer la catastrophe que représenterait un pouvoir d’extrême droite avec Le Pen comme présidente ou encore un groupe parlementaire qui prétend obtenir 30 à 60 député-e-s comme seule « fausse opposition » ! Il n’y a aucune fatalité à ce que le peuple soit heureux de ce qui l’abaisse, ou que le beau mot d’ordre de Rimbaud « changer la vie » n’ait plus son âpreté, ou que celui de Marx « transformer le monde » sonne creux. Deux : Les gens ont besoin de candidats qui affrontent les idées de droite et d’extrême droite. Les forces de la réaction sont à l’offensive, leurs idées sont sur la table, il faut des hommes, des femmes qui polémiquent, argumentent, opposent projet contre projet, crédibilisent une alternative au libéralisme. Trois : Je dirais que pour la gauche, pour l’avenir de la gauche, il faut une présence communiste ou le soutien du PCF dans toutes les circonscriptions ; c’est important pour le scrutin de juin, c’est important pour amplifier l’utilité du PCF, c’est important pour après les législatives. Enfin, cette présence nationale s’ajoute et donc ne soustrait pas, à notre choix de candidature à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Bref, nous devons avoir l’objectif et l’audace de présenter, ou soutenir, aux législatives, des candidates et des candidats partout. En manifestant l’utilité d’un groupe de parlementaires communistes, Front de gauche et d’autres sensibilités !

QUELS SERONT LES AXES DE CAMPAGNE ?

P. S. : Chaque circonscription a son histoire, son dialogue social et politique, mais nous mènerons essentiellement une bataille nationale autour de ces axes avec leur dimension programmatique : prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses ; de la nouvelle République au renouveau de la politique ; investir pour demain ; l’égalité femmes-hommes maintenant ; une France protectrice et solidaire ; produire autrement et protéger la planète ; à l’offensive pour changer l’Europe.

LA QUESTION DE LA PARITÉ EST BIEN SÛR POSÉE.

P. S. : Elle se comptabilise sur les titulaires et à l’échelle nationale. Il faut créer les conditions d’avoir des femmes dans la moitié des circonscriptions. C’est d’abord une question politique. Et c’est aussi un enjeu financier. Car il est juste que le non-respect de la parité soit sanctionné. En ces temps de régression, où les idées obscurantistes traversent les courants de droite et d’extrême droite, où certains n’hésitent plus à remettre en cause ouvertement des droits fondamentaux comme le droit à l’avortement, ou encore dans leur programme, vont accentuer l’inégalité des salaires et des retraites, prônent le temps partiel subi, le chômage, la précarité dont les femmes sont les premières concernées par exemple, c’est très important de gagner cette bataille de la parité. Nous avons adressé à chaque fédération un courrier nominatif pour que tout le monde intègre cette exigence. Nous y avons rappelé le nombre de femmes présentées en 2012 en incitant les fédérations à reconduire, a minima, le nombre de candidatures féminines.

UN MOT SUR LES CANDIDATURES PLUS GÉNÉRALEMENT.

P. S. : Il nous faut proposer des candidatures de femmes et d’hommes qui, parce qu’ils sont sortants, avec un bon bilan, pourront rassembler et gagner. Partout, des candidatures de gens qui partagent la vie de leurs concitoyens, portent des propositions audacieuses anti-austérité, d’intérêt général. Des candidatures de jeunes, d’acteurs importants des luttes, contre la loi El Khomri, ou qui mobilisent actuellement pour l’avenir de La Poste par exemple.

OÙ EN SOMMES-NOUS DE LA PRISE EN COMPTE DES LÉGISLATIVES DANS LES FÉDÉRATIONS ?

P. S. : On peut dire que c’est parti. Evidemment il y a des inégalités dans l’avancée. Des fédérations ont déjà validé à l’échelle départementale leurs candidat-e-s. D’autres entendent prendre un peu plus de temps. Dans des circonscriptions où la droite et l’extrême droite sont fortement implantées, le nécessaire dialogue entre organisations de gauche est premier. Je rappelle que nous tiendrons le 14 janvier un Conseil national pour valider les candidatures. Le 28 janvier, on prépare la tenue devant l’Assemblée nationale d’un grand rassemblement avec tous ces candidat-e-s « contre la monarchie présidentielle, pour la démocratie citoyenne ! » Et tout au long du premier trimestre 2017 conjointement à notre engagement dans la présidentielle, c’est ce que Pierre Laurent a proposé lors du CN du 1er décembre, il s’agira de mener dans chaque circonscription « une grande campagne de débats publics, campagne ponctuée de temps forts nationaux sur nos grands thèmes sous forme d’initiatives décentralisées en région. »

Propos recueillis par Gérard Str

Législatives 2017 : c’est parti ! (PCF)
Tag(s) : #Politique